À part de rares exceptions lexicalisées, tout substantif est susceptible d'être à volonté employé dans l'énoncé au singulier ou au pluriel. Dans certaines langues, on rencontre, en outre, la désignation d'une paire d'objets dénombrables, le « duel ». Mais la catégorie du nombre connaît rarement une partition plus fine, quoique, a priori, cela ne soit pas impossible. Catégorie grammaticale qui semble avoir son fondement dans l'évidence empirique, le nombre est une structuration imposée par la langue à l'expérience : elle s'intègre dans un système d'oppositions, le plus souvent à deux termes.
Encore faut-il distinguer la manière tout à fait spécifique dont le pluriel affecte le code oral ou le code écrit et, à l'intérieur des deux, les différentes classes de la grammaire. Pour ces dernières, on sait que sont invariables en nombre les adverbes, conjonctions et prépositions (à l'exception toutefois de à et de, qui connaissent, en position de déterminants du nom, des variantes morphologiques) ; à l'inverse, peuvent prendre la marque du nombre les noms et ce qui s'y rapporte syntaxiquement (adjectifs et articles ; mais ce n'est pas vrai de toutes les langues) ; […]
