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NOLDE EMIL (1867-1956)

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2.  Du graphisme à la recherche chromatique

Lié profondément à son terroir, Nolde n'en voyage pas moins hors de l'Allemagne. Il visite l'Italie en 1905, la Belgique en 1911, et pendant cette dernière pérégrination il s'arrange pour rencontrer le peintre James Ensor à Ostende. Il se passionne pour les artistes français, italiens, hollandais et voue une admiration fervente au Titien, à Rembrandt, à Goya, au Norvégien Munch. Il est l'un des premiers artistes européens à se documenter vraiment avec sérieux sur les productions des « peuples exotiques ». Il participe même en 1913-1914 à une mission « coloniale » officielle de plus de six mois en Nouvelle-Guinée, d'où il rapporte de nombreuses aquarelles et une cinquantaine de tableaux (Figure et masque, 1913, Kunstmuseum, Bâle). Cette expérience est aussi l'occasion d'une régénération spirituelle : « Les primitifs, écrit-il à un ami en mars 1914, vivent au sein de leur nature, ils ne font qu'un avec elle et ne sont qu'une partie du grand Tout. J'ai par moments le sentiment qu'eux seuls sont réellement des êtres humains, et que, nous autres, nous ressemblons à des poupées articulées, façonnées de travers, à des figures postiches pleines de morgue. »

Nolde a pourtant toujours refusé avec constance le « cosmopolitisme », il se veut un peintre enraciné, un « peintre du Nord ». Aussi espère-t-il en 1933 que les nouveaux maîtres de l'Allemagne, auxquels il apporte d'ailleurs son soutien, lui accorderont du respect et reconnaîtront en lui un compagnon de combat en faveur de la « germanité ». Goebbels en personne clame son admiration, et le couple a des amis proches de Goering. Dès 1935, les autorités nazies jugent cependant qu'il n'est pas représentatif de l'art « allemand ». Lors de l'exposition dite de « l'art dégénéré », organisée du 19 juillet au 30 novembre 1937 à Munich, quarante-huit de ses œuvres sont sélectionnées et accrochées. L'une de ses toiles les plus célèbres de 1920, qui appartient à une série de Masques, est même estimée symp […]

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Crucifixion, E. Nolde

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