6. Réactions mettant en jeu l'hydrogène en α de la fonction C≡N
Ainsi qu'il a été signalé, les nitriles portant un hydrogène en α du groupe CN présentent une pseudo-acidité comparable à celle des esters. Comme ces derniers, ils réagissent avec des bases fortes (alcoolates et amidures alcalins, organomagnésiens) en formant un carbanion, stabilisé par conjugaison, qui est un excellent nucléophile susceptible de réagir avec de nombreux substrats. La dimérisation de l'acétonitrile, sous l'action du sodium ou de l'éthylate de sodium, manifeste cette réactivité ; le β-iminobutyronitrile obtenu se présente essentiellement sous la forme tautomère énamine (réaction). Une intéressante application de cette double réactivité des nitriles énolisables a été réalisée par K. Ziegler (1933) dans la synthèse de cétones macrocycliques, par condensation intramoléculaire de dinitriles à longue chaîne sous l'action de l'éthylphénylamidure de lithium. La réaction est conduite en solution diluée dans l'éther afin de favoriser la cyclisation aux dépens de la polymérisation (réaction).
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