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NIRVANA ET SAMSARA

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3.  Le nirvāṇa dans les autres religions de l'Inde

Le mot nirvāṇa sert aussi parfois à désigner le salut dans la littérature des autres religions de l'Inde, des diverses sectes du jainisme et de l'hindouisme ; cependant il y prend un sens différent puisque celles-ci admettent l'existence d'un principe personnel – « soi », « principe vital » ou autre – qui, étant éternel, subsiste donc dans l'état de délivrance et peut en goûter la béatitude. Ce salut, généralement appelé « délivrance » (mokṣa), n'a guère de commun avec le nirvāṇa du bouddhisme que sa nature de cessation complète et définitive des renaissances, et ainsi des souffrances qui accompagnent toute existence.

Pour le jainisme, la libération est atteinte quand le « principe vital » (jīva), ayant rejeté toutes les conséquences de ses actes (karman) et toutes ses activités corporelles, se retrouve « isolé » (kevalin), dans sa pureté naturelle, jouissant enfin pleinement, grâce à sa conscience, de la « vue » infinie, de la connaissance infinie, de la béatitude infinie et de la puissance infinie.

Si les diverses écoles du brahmanisme et de l'hindouisme s'accordent pour définir le salut comme la délivrance du monde des transmigrations et de tout ce qu'il implique, souffrance, mal, souillure, ignorance, illusion, retribution des actes, elles diffèrent sur leurs conceptions de cet état. Selon les unes (Sāṃkhya, Yoga), il serait l'« isolement » (kaivalya) du principe personnel dans sa pureté essentielle ; pour d'autres, l'union du « soi » (ātman) avec le brahman universel, soit que le premier se fonde dans le second, thèse soutenue par les Upaniṣad et par Śaṅkara, soit que l'ātman conserve plus ou moins son individualité (autres écoles du Vedānta). Presque toutes ces écoles affirment que cet état de libération est pure et éternelle béatitude, bien que nombre d'entre elles précisent en même temps qu'il est une inconscience totale, analogue à celle du sommeil profond, par suite de l'arrêt définitif de toute activité mentale. Plusieurs d'entre elles reconnaissent l'existence de « délivrés vivants » (jīvanmukta) comparables aux saints bouddhiques qui ont atteint le premier nirvāṇa mais non pas encore l'« extinction complète ».

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