Le mot nirvāṇa désigne la cessation de la transmigration ou succession indéfinie des existences que les Indiens appellent saṃsāra. Il est surtout utilisé dans le bouddhisme où il possède un sens très particulier, la conception du salut étant différente dans cette religion de ce qu'elle est dans l'hindouisme et le jainisme. Le terme et la notion apparaissent dès les origines du bouddhisme, dans les textes canoniques contenant les sermons attribués par la tradition au Buddha. Le mot nirvāṇa désigne la disparition complète, mystérieuse pour un homme de l'Antiquité, d'une flamme sur laquelle on a soufflé, l'« extinction » de cette flamme. Par extension, il est utilisé pour signifier la disparition totale d'une chose dont on ne peut savoir ce qu'elle est devenue ni où sont allés les éléments qui la constituaient. Dans la terminologie bouddhique, il exprime l'idée de salut, c'est-à-dire la délivrance (vimukti, vimokṣā) de la nécessité de renaître et de mourir sans cesse, la fin (anta) des transmigrations (saṃsāra), la cessation (nirodha) de la douleur (duḥkha) inhérente à toute existence, l'épuisement (
Autres références
« NIRVANA ET SAMSARA » est également traité dans :
-
BOUDDHISME (Histoire) - Le Buddha
Auteur :
André BAREAU
Dans le chapitre "La cessation de la douleur" : …
la soif, donc celle des trois racines du mal, convoitise, haine et erreur, leur « extinction » (*nirvāṇa) totale, leur complet épuisement. Elle est atteinte ici-bas par les saints bouddhiques du degré le plus élevé, et à plus forte raison par le Buddha lui-même, qui continuent à vivre dans un état de sérénité imperturbable, définitivement à…
Lire la suite
-
BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme indien
Auteurs :
Jean FILLIOZAT, Pierre-Sylvain FILLIOZAT
Dans le chapitre "Les conditions d'arrêt de la douleur" : …
joie, tranquillité, position du psychisme, imperturbabilité. La cessation de la douleur est appelée *nirvāṇa, « Extinction ». C'est l'arrêt de toutes les choses régies par la Loi du jeu naturel (dharma), l'arrêt du jeu des cinq ensembles phénoménaux. Il existe un nirvāṇa accessible en ce monde, extinction du désir des passions formatrices d'…
Lire la suite
-
BRAHMANISME
Auteur :
Anne-Marie ESNOUL
Dans le chapitre "Le saṃsāra" : …
*Apparue toute formée aux vie-ve siècles avant notre ère, dans les upaniṣad comme dans le bouddhisme et le jaïnisme, une autre croyance, dont on ne peut préciser l'origine, conditionne la vie religieuse : c'est celle du saṃsāra. Le terme lui-même – de saṃ-SṚ, couler avec – évoque…
Lire la suite
-
EXTINCTION COMPLÈTE DU BOUDDHA
Auteur :
François CHENET
*L'Extinction complète (parinirvāṇa), c'est-à-dire « sans reste de conditionnement », qui scella, pour le Bouddha, l'arrêt de la servitude transmigratoire (saṃsāra) – au terme de 547 existences successives, selon la tradition – et son entrée dans un état de paix éternelle et ineffable, est le point de…
Lire la suite
-
HINAYANA ou PETIT VÉHICULE
Auteur :
Dominique TROTIGNON
Dans le chapitre "Les évolutions du bouddhisme" : …
samsāra, que vivent aussi les arhat, lors de l'« extinction définitive » (parinirvāna). *Le nirvāna n'est plus alors conçu comme une réalité « autre », mais bien plutôt comme la vision juste du samsāra, ce qui permet au Bouddha d'y poursuivre son œuvre sans en être prisonnier. Cette vision juste est liée à l'…
Lire la suite
Afficher la liste complète (14 références)
Retour en haut
Bibliographie
En suivant Bouddha, A. Bareau éd., P. Lebaud, Paris, 1985
F. Chenet dir., Nirvana, L'Herne, Paris, 1993
J. Gonda, Les Religions de l'Inde, t. I : Védisme et hindouisme ancien, Payot, Paris, 1962
t. II : L'Hindouisme récent, ibid., 1965
R. Grousset, Les Philosophies indiennes, Desclée De Brouwer, Paris, 1930
L. de la Vallée-Poussin, Nirvāṇa, Nouvelle Librairie nationale, Paris, 1925
La Morale bouddhique, Beauchesne, Paris, 1927
L. Renou & J. Filliozat, L'Inde classique, Maisonneuve et Larose, Paris, 1947-1953.
Retour en haut