Potier japonais, Ninsei est originaire du village de Nonomura, près de Tamba. Il établit, vers 1650, son four à Omurō, près du Ninnaji, dans les environs de Kyōto, sous la protection de l'abbé du monastère et du grand maître du thé Kanamori Shōan. En 1657, prenant la tonsure, il adopta le nom de Ninsei. C'est ce même nom qu'à l'aide d'un cachet il imprima sur les bases de ses céramiques. Celles-ci semblent avoir été surtout destinées à la cérémonie du thé. Éclectique, il s'inspira des pièces produites dans les ateliers de Seto et de Shigaraki, dont il utilisa la terre, des vernis de Raku et de certaines formes chinoises ; mais, en dépit de ces emprunts, il créa un art très personnel et se signala par sa maîtrise dans le maniement du tour. Ses jarres à thé (chatsubo) sont remarquables par l'élégance de la forme, la minceur des parois et par l'emploi sur le corps en poterie de nombreux émaux colorés rehaussés d'or et d'argent. Ces jarres servent ainsi de support à un décor peint qui s'inspire tour à tour du style Kanō ou de celui des Tosa, ainsi que des techniques ornementales des maîtres du laque de son temps. Il est possible que Ninsei se soit adressé à des peintres et […]
