Chef militaire et homme politique soudanais, Muhammad Jaafor al-Nimeyri a gouverné son pays de 1969 à 1985, année où il fut chassé du pouvoir par un coup d'État sans effusion de sang.
Né le 1er janvier 1930 dans le quartier de Wad Nubawi, à Omdurman, Muhammad Jaafor al-Nimeyri sort lieutenant de l'Académie militaire du Soudan en 1952. Nommé commandant de la garnison de Khartoum, il participe à des campagnes contre les rebelles qui sévissent dans le sud du pays. Soucieux des problèmes du monde arabe, il admire les Officiers libres égyptiens qui ont renversé le roi Farouk en 1952. Il se joint à plusieurs tentatives de renversement du gouvernement, tout en préférant laisser le pouvoir aux civils.
Mais, devant l'incapacité du régime à mener à bien des réformes institutionnelles, Nimeyri et un groupe de jeunes officiers renversent le régime civil d'Isma‘il al-Azhari le 25 mai 1969. Promu au grade de général de division, Nimeyri devient président du Conseil de commandement de la révolution (C.C.R.) et ministre de la Défense ; à partir d'octobre, il assume également la fonction de Premier ministre. En mars 1970, il réprime un soulèvement déclenché par la droite avant d'être brièvement écarté du pouvoir par des militaires communistes en juillet 1971. Deux mois plus tard, il est cependant élu président de la République démocratique du Soudan, avec 98,6 p. 100 des voix. Nimeyri dissout alors le C.C.R. et fonde en 1972 l'Union socialiste soudanaise, parti unique dont il prend la tête.
Il poursuit dans un premier temps une politique économique socialiste, mais s'oriente rapidement vers une agriculture capitaliste, destinée à faire du Soudan l'un des principaux producteurs de céréales du monde arabe. Les efforts qu'il déploie en ce sens sont néanmoins entravés par une succession de crises économiques provoquées en partie par des projets de développement trop ambitieux. Nimeyri lance par ailleurs des négociations afin de résoudre le conflit permanent du Sud-Soudan depuis 1955 et accorde l'autonomie à cette ré […]
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