Moine orthodoxe que l'hagiographie russe appelle le Grand Starets. Nil de la Sora fut le témoin de la pauvreté et de la liberté évangéliques, d'un christianisme de transfiguration, au moment où la Russie, au seuil des Temps modernes, s'immobilisait dans une sorte de totalitarisme sacral.
Les biographies de saint Nil Sorski ayant été brûlées lors d'une incursion des Tartares, en 1583, on ne possède pas de repères chronologiques précis, même pour les grandes étapes de sa vie. D'origine sociale inconnue, Nil est sans doute devenu moine très jeune au monastère de Beloozero (lac Blanc), en Russie du Nord, fondé sous l'influence de saint Serge et resté fidèle à la stricte observance au milieu du relâchement général. Il apprend alors le grec et s'adonne au travail intellectuel dans la bibliothèque du monastère, l'une des plus riches de Russie.
C'est à la fois pour approfondir ses connaissances et pour aller aux sources de la spiritualité orthodoxe qu'il séjourne longuement à l'Athos. Le mont Athos, où règne la synthèse palamite, apparaît alors comme un grand centre spirituel, culturel et missionnaire qui met l'intelligence déjà moderne de l'humanisme au service d'une tradit […]
