3. Le compositeur lyrique
Rimski-Korsakov a subi l'influence de Glinka, puis celle de Moussorgski et de Borodine, celle enfin de Wagner, et l'on peut distinguer trois manières différentes dans ses opéras, où, en outre, les emprunts à la musique populaire russe sont assez fréquents.
Les œuvres du premier type s'apparentent à celles de Glinka : la partition est une succession de « numéros séparés », parfaitement achevés dans leur forme, reliés par des récitatifs, toujours personnalisés, quoique tributaires des mélopées des vieux bardes russes qui chantaient en s'accompagnant au gousli : tels sont les airs et les ensembles vocaux de La Fiancée du tsar (1898-1899).
Les opéras du deuxième type, comme l'admirable Légende de la ville invisible de Kitège ou le discutable Mozart et Salieri (1897), sont conformes au principe du drame wagnérien : « mélodie ininterrompue », sans airs ni récitatifs nettement définis.
Les opéras de la troisième manière, la plus fournie, participent à un genre intermédiaire. Rimski-Korsakov n'y obéit qu'à son instinct de musicien, si bien que la même partition renferme des « numéros » et des scènes entières conformes à la tradition wagnérienne. Tels sont La Nuit de mai, Sniegourotchka (1880-1881), Sadko (1894-1896), La Nuit de Noël (1894-1895), Le Tsar Saltan (1899-1900), Katchei l'immortel (1901-1902, rév. 1906) et Le Coq d'or (1906-1907) – pour ne mentionner que les plus importants.
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