Praticien bernois, Niklaus Anton Kirchberger n'a pratiquement pas laissé d'ouvrages, mais sa correspondance avec un grand nombre d'« illuminés » témoigne de son influence et constitue l'un des documents les plus précieux sur la théosophie au xviiie siècle. Ami de Rousseau dès 1762, il rencontre Goethe en 1779, mais ses préférences vont aux mystiques de son époque et à Böhme, qu'il contribue à faire connaître en Suisse. Ami intime de Lavater, de Jacob Sarasin, il connaît bien Divonne, Jung-Stilling, les cagliostriens de Bâle ; et il correspond plus activement encore avec Saint-Martin et Eckartshausen, ce qui nous vaut de nombreuses lettres de ces deux théosophes. Il n'est guère d'aspects de l'illuminisme qui lui demeurent étrangers. Les dernières années de sa vie, marquées par un christianisme teinté de quiétisme, sont consacrées à un approfondissement intérieur ainsi qu'à des rapports de plus en plus nombreux avec les mystiques suisses groupés sous le signe du Philosophe teutonique ou de Dutoit-Membrini.
Antoine FAIVRE
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