3. La grande crise de 1956
Cette action audacieuse faillit tourner mal. Khrouchtchev fut tenu pour responsable, en effet, de la crise du camp socialiste. La révélation des méfaits de Staline, la réconciliation avec Tito avaient semé la révolte en Pologne et en Hongrie. Khrouchtchev fut à deux doigts de succomber, mais fut maintenu au pouvoir, grâce en particulier à l'appui des Chinois. Il déjoua une dernière manœuvre, en juin 1957 : désavoué par la majorité du bureau politique (alors appelé présidium), il renversa la situation en convoquant le comité central et fit exclure ses adversaires. Ses « clients » prirent, dans le bureau politique, les sièges des personnages expulsés. Le maréchal Joukov, ministre de la Défense, figurait également parmi les vainqueurs, parce que l'armée avait matériellement permis l'organisation de la session qui avait sauvé M. « K ». Trois mois après avoir rendu ce service, le maréchal fut évincé à son tour.
C'est à ce moment que Khrouchtchev devint véritablement le numéro un. Il se fit nommer chef du gouvernement (mars 1958), tout en gardant son poste de premier secrétaire. Il lança réforme sur réforme, bouleversa toutes les administrations, changea plusieurs fois l'organisation de l'agriculture et prit goût aux voyages à l'étranger. Peu à peu, il reprit à son compte la politique de bien-être et de détente qui avait été celle de Malenkov. Apparemment, il n'avait plus à redouter l'opposition.
Cependant, il promettait toujours plus qu'il ne pouvait faire. Il décevait les foules, inquiétait les partisans de Staline, énervait les intellectuels.
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