1. Politique intérieure
Le 22 avril 1990, des militaires attaquent la résidence du chef de l'État, le général Ibrahim Babangida, au pouvoir depuis le coup d'État d'août 1985. Les putschistes dénoncent la corruption du régime et la mainmise des islamistes du Nord sur les provinces du Sud. L'insurrection fait de nombreuses victimes. Elle est matée en quelques heures. Plusieurs centaines de personnes sont arrêtées. Après des procès expéditifs, quarante-deux d'entre elles sont exécutées le 27 juillet, et vingt-sept le 13 septembre.
Le 19 avril 1991, de violentes manifestations, provoquées par des musulmans fondamentalistes, éclatent à Katsina, dans le nord du pays. Environ deux cents personnes sont arrêtées. Du 22 au 24, des musulmans fondamentalistes attaquent des chrétiens à Bauchi, autre ville du Nord. Les massacres font plus de deux cents morts.
Le 4 juillet 1992, les Nigérians élisent leur Parlement en vue de la restitution du pouvoir aux civils, promise pour janvier 1993 par le général Babangida. Le système électoral n'autorise que deux partis, organisés et financés par le gouvernement. Le Parti social-démocrate (P.S.D., centre gauche) de Babagana Kingibe obtient la majorité absolue dans les deux assemblées, avec 52 sièges sur 89 au Sénat et 314 sur 589 à la Chambre des représentants, contre respectivement 37 et 275 élus pour la Convention nationale républicaine (C.N.R., centre droit). Le pouvoir annonce que l'installation du Parlement ne peut avoir lieu avant la prestation de serment d'un président civil.
En décembre, le général Babangida nomme un Conseil national de transition, dirigé par un civil, Ernest Shonekan.
Le 12 juin 1993 se déroule l'élection présidentielle. Les deux candidats, de riches hommes d'affaires, sont Moshood Abiola, pour le P.S.D., et Bashir Tofa, pour la C.N.R. Le 14, la commission électorale publie les premiers résultats, favorables à Moshood Abiola. Le 23, la junte militaire annule l'élection. La victoire annoncée d'un sudiste d'origine yoruba aurait mis fin à l'hégémonie nordiste des Haoussa. Le 24, Moshood Abiola se proclame président et appelle à la désobéissance civile.
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