Le 18 février 2010, le chef d'escadron Salou Djibo renverse, au terme d'affrontements armés dans la capitale, le gouvernement élu du président Mamadou Tandja. Les rebelles, qui forment un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, imposent un couvre-feu et ordonnent la fermeture des frontières. Ce putsch est le résultat d'un mécontentement général lié aux réformes constitutionnelles promulguées en 2009 par le président Tandja afin de pouvoir briguer un troisième mandat. Le 29 mars, l'organe exécutif de la junte, baptisé Conseil consultatif national, procède à l'arrestation de plus de dix anciens ministres et hauts fonctionnaires proches du président, lui-même déjà incarcéré. À la suite du coup d'État, le Niger est suspendu de l'Union africaine.
Un gouvernement de transition, composé de vingt membres, est nommé le 1er mars sous la direction de l'ancien ministre Mahamadou Danda. La junte promet l'organisation d'un référendum constitutionnel en octobre et la tenue d'une élection présidentielle en janvier 2011. Le 17 juillet, dix-sept partis d'opposition annoncent qu'ils forment une alliance en vue de l'élection.
Sur le plan économique, plusieurs instances internationales mettent en garde le Niger contre une famine généralisée qui pourrait toucher près de huit millions d'habitants. Dès le mois de mars, l'absence de pluie réduit la production de céréales d'un tiers. Les familles de nombreux villages méridionaux quittent leur foyer et vendent leur bétail à des prix exceptionnellement bas. À la suite d'une visite au Niger, le coordinateur des secours d'urgence des Nations unies évoque la menace d'une destruction totale des récoltes. Le 16 mai, l'État commence à distribuer gratuitement des denrées alimentaires à près d'un million et demi de personnes. Le 20 juin, les O.N.G. Oxfam et Save the Children lancent un appel à l'aide d'un montant de 10 millions de dollars en faveur du Niger.
Le 16 septembre, sept employés d'Areva et d'un sous-traitant – cinq Français, un Malgache et un Togolais – sont enlevés dans le nord du pays. L'action est revendiquée quelques jours plus tard par Al-Qaida au Maghreb islamique.
Nancy Ellen LAWLER
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