Une formation traditionnelle — apprentissage de la gravure, enseignement de d'Ulin, professeur à l'Académie, puis fréquentation de l'école de l'Académie, où il se fait suspendre pour indiscipline — aurait dû amener Lancret à devenir peintre d'histoire. Mais il découvre l'art de Watteau, peut-être à l'occasion de l'agrément de celui-ci à l'Académie en 1712, et soit par séduction, soit par opportunisme (son biographe, Ballot de Sovot, souligne que « le public goutoit fort » ce genre), Lancret décide de devenir peintre de fête galante. Il est alors élève de Gillot, comme l'a été Watteau, puis celui de Watteau lui-même, dont l'enseignement se borne, semble-t-il, à lui conseiller de travailler d'après la nature, de dessiner des paysages aux environs de Paris et d'y intégrer des figures dont l'invention, il est vrai, doit tout à ce maître. Agréé à l'Académie en 1718 (un an après que Watteau y eut été reçu avec son Pèlerinage à l'île de Cythère), Lancret y est reçu en 1719 avec une Fête galante, catégorie reconnue officiellement depuis peu. Il est ainsi le premier des « satellites » de Watteau, de ceux qui ont diffusé, avec un bonheur inégal, un esprit et des sujets n […]
