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BOUKHARINE NICOLAS IVANOVITCH (1888-1938)

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3.  À la droite du parti

Vers la fin de l'année 1920, face aux difficultés nées notamment du problème paysan, on assiste chez Boukharine au début d'une évolution. À cette époque aussi, il se prononce pour des méthodes de direction plus rigoureuses ; il appuie Trotski contre Lénine dans la discussion sur la question syndicale : il préconise entre autres une « mobilisation pour la production », par l'intermédiaire des syndicats, similaire à la « mobilisation pour le combat » qui, au cours de la guerre civile, a été le fait de l'Armée rouge.

En 1922, il est un des membres du comité central qui suscitent la colère de Lénine pour avoir voulu abandonner le monopole du commerce extérieur. À partir de 1924, il est le leader ouvert de la droite du parti qui coopère avec le « centre » dirigé par Staline. Il s'oppose à son ancien coéquipier Preobrajensky lorsque celui-ci préconise l'industrialisation et la planification. Il prétend intégrer le koulak (paysan riche) dans le socialisme qui sera construit, dit-il, même à pas de tortue. Remplaçant Zinoviev à la présidence de l'Internationale communiste, il oblige les communistes chinois à se soumettre à la discipline du Guomindang, ce qui contribue à la débâcle de la révolution chinoise de 1925-1927. Il est le principal protagoniste de la théorie du « socialisme dans un seul pays », et l'introduit dans le programme, en grande partie rédigé par lui, qui sera adopté au VIe congrès de l'Internationale communiste (1928) et que Trotski soumettra à une critique impitoyable. Il prononce à cette période des réquisitoires violents, débridés, contraires à tout son comportement antérieur ; il provoque, en 1927, l'exclusion du parti de Trotski, Zinoviev, Kamenev, ainsi que de toute l'opposition de gauche.

Sa rupture avec Staline a lieu en 1929, quand celui-ci, face aux grandes difficultés alimentaires du pays, entreprend une politique d'ultra-gauche (collectivisation forcée des campagnes notamment) et élimine tout élément de démocratie dans le parti, les syndicats, et dans le pays en général. Dès la fin de 1928, Boukharine, effrayé par les méthodes de Staline, exprime son désespoir au cours de conversations clandestines avec d'anciens exclus. Il voit en Staline un « Gengis Khan » qui « nous détruira tous ». Il déclare aussi que le pire mal provient de ce que « le parti et l'État se sont confondus », mais il ne formule aucune politique.

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