2. Le communisme de gauche
Après la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917, Boukharine devient le porte-parole des « communistes de gauche ». Il est opposé à la signature de la paix de Brest-Litovsk et préconise la « guerre révolutionnaire » ; il ne veut pas entendre parler de concessions au capital étranger pour développer l'industrie en Union soviétique ; il est hostile à l'emploi de spécialistes bourgeois. Il salue le « communisme de guerre », imposé par les nécessités de la guerre civile, comme une route pouvant mener plus rapidement à la société communiste. On trouve un reflet de cette pensée dans son livre L'Économie de la période de transition, et aussi dans le manuel qu'il écrit en commun avec E. Preobrajensky, L'A.B.C. du communisme.
Très attaché aux problèmes culturels, il soutient le groupe d'écrivains qui préconise une « littérature prolétarienne », à la différence de Lénine et de Trotski qui se refusent à soumettre les principes des lettres et des arts aux vicissitudes d'une période aussi tourmentée que celle de la dictature du prolétariat, et qui attendent l'épanouissement de la culture de la société sans classe que prépare la révolution. Il écrit aussi Le Matérialisme historique, ouvrage plein d'érudition, mais dans lequel il manifeste un déterminisme mécaniste, use de catégories tranchées, de classifications absolues ; en un mot, il manifeste cette méconnaissance de la dialectique que Lénine a dénoncée dans ses dernières notes au Parti bolchevique.
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