Compositeur italien d'opéra né à Bari, connu surtout pour la querelle qui, en 1777-1778 à Paris, opposa ses partisans à ceux de Gluck. Élève à Naples de Leo et de Durante, Piccinni donne son premier opéra (Le Donne dispettose) dans cette ville en 1754. Appelé à Rome en 1758, il y écrit Alessandro nell'Indie, de style seria (sur un livret de Métastase), et en 1760 La Cecchina ossia la buona figliola d'après Goldoni, de style buffa. Une cinquantaine d'opéras suivront en une dizaine d'années. En 1776, il se rend à Paris sur l'invitation de Marie-Antoinette, y entreprend immédiatement six opéras français et y fait notamment jouer Roland, sur un livret de Marmontel (1778). Gluck vient alors de donner Armide (1777). Bientôt se déclenche la « querelle des gluckistes et des piccinnistes », envenimée par les nombreux écrits des partisans respectifs des deux compositeurs. Piccinni, qui représente la musique italienne, se voit confier la direction d'une troupe transalpine. Deux ans après l'Iphigénie en Tauride de Gluck, il fait représenter son opéra du même nom (23 janv. 1781)
: Gluck a quitté la place, mais l'ouvrage de Piccinni n'obtient qu'un succès d'estime. Un nouveau rival lui est alors suscité en la personne de Sacchini : la cour ayant commandé un opéra à chacun d'eux, Sacchini donne Chimène (1784), et lui-même Didon (1783). Le plus étonnant dans cette affaire est que Piccinni tient Gluck comme Sacchini en très haute estime : il prononce l'éloge du second devant sa tombe ouverte (1786), et en 1787, à la mort de Gluck, tente en vain d'organiser à Paris des cérémonies commémoratives annuelles. Au début de la Révolution, il retourne à Naples, puis se réfugie à Venise, où il écrit encore La Griselda (1793). Accueilli de nouveau par la France en 1798, il est nommé inspecteur de l'enseignement du Conservatoire en 1800, peu avant sa mort survenue à Passy.
Photographie
Iphigénie en Tauride Iphigénie en Tauride, opéra de Nicola Piccinni créé en 1781, deux ans après l'opéra du même nom de Gluck, dans une représentation du Welsh National Opera, en 1992.
Crédits: Clive Barda, Performing Arts Library Consulter
Marc Henri VIGNAL
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