Général et homme politique athénien, fils de Nicératos, les antécédents de Nicias sont inconnus : la fortune acquise par son père a dû faire sortir la famille de l'obscurité. Sa richesse est proverbiale ; il a des intérêts dans l'exploitation des mines d'argent du Laurion. Elle lui vaut, lors de ses chorégies, de remporter toujours le prix et contribue, peut-être, à sa réussite politique. Souvent élu stratège entre ~ 429 et ~ 413, Nicias est, pendant la guerre du Péloponnèse, un personnage important, mais il est difficile de faire de lui un portrait précis. D'après Aristote et Plutarque, il est le chef de la tendance oligarchique modérée face, d'abord, au démagogue Cléon, puis à l'arriviste Alcibiade. Cette théorie est infirmée par Thucydide : Nicias est l'héritier de Périclès ; il adhère à sa politique impériale (l'archè a atteint son apogée ; il ne faut pas l'étendre ; il est impossible de l'abandonner) et ne met pas en question sa conception de la guerre fondée sur la prééminence de la flotte. Ainsi Nicias ne s'oppose-t-il à Cléon que sur l'opportunité de la guerre. Il prône une entente avec la ligue péloponnésienne — ce qui lui vaut la sympathie des possédants lésés par les hostilités — et parvient, après la mort de Cléon, à faire triompher son point de vue : c'est l'éphémère paix de Nicias (~ 421). Son opposition à Alcibiade est essentielle : ce dernier prétend étendre l'archè jusqu'à la Sicile. Après avoir essayé d'empêcher l'expédition contre Syracuse, Nicias accepte d'en partager le commandement (~ 415). Stratège velléitaire, paralysé par des scrupules religieux, il porte en partie la responsabilité du désastre (~ 413). Fait prisonnier, il est exécuté par les Syracusains.
Alain MAHUZIER
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