2. Le problème de l'arianisme
L'adoption de ce terme semble due à l'initiative personnelle d'Ossius de Cordoue, appuyée par l'empereur : suspect d'attaches hérétiques (avec les gnostiques, avec Paul de Samosate) ou d'implications trop matérielles (deux bijoux d'or sont « de même substance »), il n'était pas jusque-là utilisé en Orient pour la théologie trinitaire ; l'Égypte, seule, faisait exception dans le monde grec, mais c'est que depuis Denys d'Alexandrie, dûment chapitré par le pape Denys (257), elle s'était – et elle le restera – étroitement solidarisée avec Rome. L'Occident, au contraire, était, depuis Tertullien, familier d'une expression équivalente : le Père et le Fils sont « d'une seule et même substance ».
Le concile, d'autre part, s'occupa de réconcilier les schismatiques mélétiens, de généraliser pour la date de Pâques l'usage de Rome, qui fixait celle-ci après l'équinoxe de printemps. Il promulgua, par ailleurs, vingt canons, les uns cherchant à faciliter le retour dans la communion de la grande Église des partisans attardés de Novatien ou de Paul de Samosate, les autres édictant des règles de discipline ecclésiastique ; certaines, théoriquement reçues, devaient cependant être souvent violées dans la pratique, ainsi l'interdiction pour un évêque ou un prêtre de se faire transférer d'une Église à une autre ou de sacrer évêque un néophyte.
Constantin prit immédiatement les mesures nécessaires pour faire connaître et appliquer ces décisions : il exila les deux seuls évêques qui étaient restés solidaires d'Arius et, bientôt après, les trois autres qui avaient retiré leurs signatures, parmi lesquels Eusèbe de Nicomédie. Le concile se sépara dans une atmosphère d'euphorie ; la suite des événements allait montrer que le problème principal, celui de l'arianisme, était cependant loin d'être résolu. Un très grand nombre des évêques d'Orient n'avaient accepté le « consubstantiel » qu'avec répugnance, le trouvant équivoque : ils étaient beaucoup moins sensibles au danger de l'arianisme (dans la ligne d'Origène, ils étaient même assez disposés à accepter un certain subordinatianisme) qu'à l'hérésie opposée, celle que représentait à leurs yeux Marcel d'Ancyre et que l'homoousios paraissait tolérer. En fait, les discussions continueront avec âpreté pendant un demi-siècle ; il faut attendre l'avènement de Théodose, un Latin d'Espagne, donc partisan convaincu de l'homoousios, pour que la foi de Nicée s'impose définitivement à tout l'Empire comme définition de l'orthodoxie trinitaire (380).
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