Le compositeur français d'origine vietnamienne Nguyen-Thien Dao occupe une situation unique dans le paysage sonore contemporain : il est, par sa culture, enraciné à la fois dans le monde oriental et dans le monde occidental, mais sa musique s'affirme comme celle d'un novateur indépendant.
Nguyen-Thien Dao naît le 17 décembre 1940 (« à la pleine lune du onzième mois lunaire », selon ses propres paroles), à Hanoï, au Vietnam. Très jeune, il quitte sa terre natale et vient s'installer en France. Il entre en 1963 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il étudie notamment dans la classe d'Olivier Messiaen, obtenant un premier prix de composition au bout d'une seule année, ce qui est sans précédent. Au sortir du conservatoire, en 1968, il compose Thanh Dong To Quoc, pour récitant, soprano, chœur, ondes Martenot, quatre pianos et percussions. Recommandé et soutenu par son maître, il est dès 1969 programmé au festival de Royan, avec Tuyên Lua, pour flûte, piano, quatuor à cordes, percussions et bande magnétique ; cette pièce suscite des avis contradictoires et des discussions vives et passionnées qui marquent le début de sa notoriété. Il va dès lors être joué dans le monde entier. Mais Nguyen-Thien Dao se soucie plus de produire que de se produire et il consacre son temps à la création et non pas à la promotion, ce qui explique que beaucoup de ses œuvres ne seront créées que très tardivement.
C'est en 1971 que Nguyen-Thien Dao écrit sa première pièce pour grand orchestre, Koskom. Messiaen, qui croit plus que jamais en sa musique, décèle dans cette composition une inspiration religieuse évidente et va jusqu'à défendre la pièce à la télévision en la présentant comme la musique la plus novatrice qui soit. En 1974, une autre pièce pour grand orchestre, Mau Va Hoa, est couronnée du prix de composition Olivier-Messiaen de la fondation Érasme d'Amsterdam. Nguyen-Thien Dao franchit une autre étape en 1978 avec My Châu-Trong Thuy, qui est le premier opéra vietnamien. Unanimement salué par […]
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