Tentative de créer des zones géographiques se caractérisant par leur homogénéité ethnique, au moyen de la déportation ou du déplacement forcé de personnes appartenant à des groupes ethniques définis. Le nettoyage ethnique entraîne parfois la suppression de toutes les marques physiques témoignant de l'existence du groupe visé, par la destruction des monuments, cimetières et lieux de cultes.
L'expression « nettoyage ethnique », traduction littérale des termes serbo-croates etnicko ciscenje, a été très fréquemment utilisée dans les années 1990 (bien qu'elle soit apparue antérieurement) afin de décrire le traitement brutal dont furent victimes divers groupes de civils lors des conflits qui accompagnèrent la désintégration de la république fédérale de Yougoslavie. Ces groupes comprenaient des Bosniaques (musulmans bosniens) de Bosnie et d'Herzégovine, des Serbes de la région de Krajina en Croatie, et des Albanais, puis des Serbes, de la province du Kosovo en Serbie.
Cette expression a aussi servi à désigner la façon dont les militants indonésiens traitèrent les habitants du Timor oriental, dont un grand nombre furent tués ou forcés à abandonner leur foyer après que les citoyens de cette région eurent voté en faveur de l'indépendance, en 1999. Par ailleurs, on a parlé de « nettoyage ethnique » au sujet de la situation dramatique dans laquelle se trouvèrent les Tchétchènes qui quittèrent Grozny et d'autres zones de la Tchétchénie après les opérations militaires russes contre les séparatistes tchétchènes dans les années 1990. Selon un rapport du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (O.N.U.), le développement des nettoyages ethniques à partir des années 1990 s'explique par le caractère particulier des conflits armés contemporains, au cours desquels « les victimes civiles et les destructions des infrastructures civiles ne sont pas simplement des retombées de la guerre, mais résultent du fait que les non-combattants sont pris délibérément pour cible. [...] Dans bien des conflits, les belligé […]
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