5. La chute de Néron
Jusqu'alors, l'Empire dans son ensemble n'avait guère souffert de la démence croissante du prince. La conquête de la Bretagne, œuvre de Claude, avait été achevée et une grave révolte, animée par la reine des Icènes, Boudicca, avait été écrasée (60-61). En Orient, le général Corbulon instaura en Arménie le protectorat romain et remporta, en 63, une grande victoire sur les Parthes. Un grave problème avait surgi en 66 : les Juifs de Judée s'étaient soulevés et une guerre très dure avait commencé. Néron envoya contre eux le futur empereur Vespasien qui devait triompher des révoltés.
Néron, en 67, s'était rendu en Grèce et y avait paru dans les jeux comme chanteur, acteur et aurige ; il remporta, bien entendu, tous les prix et proclama solennellement la liberté des cités grecques. Au printemps de l'année 68, des gouverneurs et des généraux se soulevèrent contre lui en Occident. Le Sénat et les prétoriens abandonnèrent alors Néron qui, perdu dans ses rêves esthétiques, ne sut réagir. Le Sénat proclama sa déchéance, le déclara ennemi public et donna l'Empire à Galba, gouverneur d'Espagne Citérieure. Néron s'enfuit dans une villa des environs de Rome et s'y suicida. Une grave guerre civile allait commencer, qui devait davantage ravager l'Empire que ne l'avaient fait les extravagances de Néron.
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