4. Le Népal contemporain
Durant cent quatre années, l'autocratie Rana avait tenu à l'écart les souverains Shah, réprimé la moindre contestation et isolé le Népal de toute influence extérieure, en s'abstenant notamment d'équiper le pays en écoles. À la fin de 1950, avec l'aide du Nepali Congress (Parti népalais du congrès), de l'Inde et de collatéraux Rana, le roi Tribhuvan mène un soulèvement général et parvient à restaurer l'autorité de sa dynastie. Dans les années qui suivent, le pays est administré par une série de gouvernements de coalition rassemblant les partis libéraux, traditionalistes, et des représentants de l'ancien régime. Des réformes sont entreprises pour moderniser des structures foncières et juridiques archaïques. Les exemptions d'impôt sont abolies, la rente foncière est plafonnée et on tente de garantir la sécurité des métayers. Mais, en l'absence de cadre constitutionnel, l'instabilité politique empêche de mettre concrètement en œuvre ces mesures.
Il faudra attendre février 1959 pour qu'une constitution pose les bases d'un véritable système parlementaire. Quelques jours plus tard, dans les premières élections législatives de l'histoire népalaise, le Congress remporte deux tiers des sièges à l'Assemblée. Son chef et fondateur, Bishweshwar Prasad Koirala, devient Premier ministre. Tous les partis politiques n'acceptent pas cependant le résultat des urnes, voire le suffrage universel. Les contestations sont très violentes, des jacqueries sont organisées dans les provinces. En décembre de l'année suivante, le roi Mahendra, fils de Tribhuvan, met fin à l'expérience démocratique, prétextant que le multipartisme suscite la désunion, paralyse l'administration et n'est pas conforme aux traditions nationales. Il renvoie le gouvernement, dissout le Parlement, fait arrêter les principaux leaders et prend les pleins pouvoirs. La Constitution de 1962 instaure la « démocratie pancāyat », une pyramide d'assemblées d'où sont exclus les partis et qui ne peuvent en aucun cas re […]
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