La vie politique du Népal marque un tournant en mai 2009 lorsque le président Ram Baran Yadav restaure le chef de l'armée dans ses fonctions ; le Premier ministre Pushpa Kamal Dahal – ancien chef des rebelles maoïstes, surnommé « Prachanda » – avait limogé ce dernier parce qu'il refusait d'intégrer les anciens combattants maoïstes au sein de l'armée, violant ainsi l'accord de paix de 2006. Prachanda démissionne le 4 mai, accusant le chef de l'État d'avoir bafoué la Constitution. Le 23 mai, avec l'aide de vingt-deux partis politiques représentés au Parlement, Madhav Kumar Nepal, chef du Parti communiste marxiste-léniniste unifié, est élu à la tête du gouvernement. Le Parti communiste népalais maoïste, la plus grande formation parlementaire, rejoint les bancs de l'opposition, jetant ainsi le pays dans une impasse politique. Les maoïstes organisent plusieurs manifestations, notamment en novembre, pour demander la restauration de ce qu'ils appellent la « suprématie civile ». Parallèlement, les dirigeants de l'Inde et de la Chine voisines se montrent de plus en plus inquiets de cette obstruction au processus de paix népalais.
En juillet, le mandat de la mission des Nations unies au Népal est prolongé jusqu'au 23 janvier 2010. Le même mois, les Nations unies obtiennent une avancée considérable lorsque le Népal commence à réintégrer dans la vie civile les quatre mille enfants que les maoïstes avaient enrôlés pour combattre ou mener d'autres missions et qui étaient enfermés dans des camps militaires.
Malgré la paix relative qui règne dans la majeure partie des régions vallonnées du Népal, les violences se multiplient, de même que le nombre de groupes armés, dans certaines zones de l'est du pays et des plaines méridionales. Le gouvernement annonce en juillet la mise en place d'un plan spécial de sécurité, mais la situation ne connaît aucune amélioration à la fin de l'année.
Par ailleurs, le Népal est ravagé par des catastrophes naturelles : en octobre, des glissements de terrain et des inondations touchent plus de seize mille familles et font cent quarante-trois morts.
Keshab POUDEL
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