3. Les styles historiques
Les éléments romantiques de retour au passé et de rêve exotique déjà signalés dans le néo-classicisme s'affirmèrent pendant l'Empire pour se déclarer franchement à partir de la Restauration. Déjà dans l'habillement, entre 1800 et 1810, parurent des formes non classiques, ornements à la Van Dyck, guimpes du xvie siècle, fraises élisabéthaines. C'est surtout en Angleterre, pendant la période Regency qui correspond plus ou moins à l'Empire, qu'on trouve une contamination de styles qui n'est pas sans agrément. Les ensembles avaient souvent de faux airs de tous les styles, grec, gothique, indien, chinois (le pavillon de Brighton), une vraie mascarade, comme l'observait Mary Russell Mitford après une visite à Rosedale Cottage : « Chaque pièce est une mascarade, le salon est chinois avec des vases, des mandarins et des pagodes, la bibliothèque égyptienne, toute couverte d'hiéroglyphes, et pleine de crocodiles et de sphinx. Imaginez un divan en forme de crocodile et un canapé qui est un sphinx ! Ils dorment sous des tentes turques, et prennent leurs repas dans une chapelle gothique. » La chambre de Waterloo à Apsley House (1828) et le salon d'Élisabeth au château de Belvoir (début du siècle) annoncent ce second rococo qui ne triomphera sur le continent que vers 1850. On peut bien dire que le succès du « pittoresque » fit mûrir rapidement le goût en Angleterre, en le rendant plus éclectique ; plus tard, cela devait conduire toute l'Europe à liquider les styles historiques. Les architectes font des projets doubles, classiques ou gothiques, pour le même édifice, et les sujets des tableaux aussi, dérivant de plusieurs sources, classiques et exotiques, sont traités dans un style encore fortement teinté de néo-classicisme. Pour la décoration des appartements d'apparat en particulier, on continua à fabriquer en Italie (comme en Allemagne, aux environs de 1830, sur des dessins des architectes Leo von Klenze et Karl Friedrich Schinkel) des meubles de style Empire, ou tout au moins décorés de motifs Empire.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages…



