Ce terme a été créé, semble-t-il, par le mathématicien et physicien français Léon Brillouin (1956, Science and Information Theory). Il l'a proposé pour remplacer les expressions d'« entropie négative » ou « entropie changée de signe », employée à peu près simultanément, mais indépendamment, par Norbert Wiener et Erwin Schrödinger. Ce dernier, dans un livre important (What is Life ?, 1945), avait mis en avant la possibilité physique de processus à « entropie négative » pour tenter de préciser les différences entre les processus thermodynamiques physiques et les processus vitaux. L'entropie avait été définie par Rudolf Clausius de telle manière qu'une destruction physique, de quelque ordre que ce soit, apparaisse, par une convention d'écriture, comme positive. Pour prendre en compte alors les phénomènes de structuration du réel, on devait les affecter d'un signe négatif. Subjectivement, de tels phénomènes apparaissaient ainsi comme liés à une négativité intrinsèque. C'est pourquoi certains auteurs avaient proposé pour les processus à entropie négative des dénominations qui apparaissent immédiatement positives, telle « syntropie » proposée par L. Fantappie (1944) et qui n'a pas été retenue. C'est effectivement le terme de néguentropie ou non-entropie (contraction de l'anglais negative-entropy) qui s'est imposé pour désigner une réalité physique précise sur le plan formel, mais lourde de problèmes d'interprétation.
Selon la thermodynamique classique, un système physique pourvu d'une certaine quantité d'énergie (mécanique, électrique, chimique, etc.) et d'un ordre global régissant ses micro-états ne peut évoluer spontanément que vers un état d'équilibre thermique homogène. Cet état signifie que le système est devenu indifférent à ce qui l'entoure, et qu'il a atteint un désordre maximal. Ses micro-états sont indifférenciés à l'échelle globale. Le déterminisme régissant l'univers comme un système isolé semble celui d'une loi de désorganisation progressive des structures matérielle […]
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