La langue réalise de plusieurs façons l'opérateur logique fondamental qu'on appelle négation et qui a pour propriété essentielle d'inverser la valeur de vérité d'un jugement : le terme de foncteur de vérité monadique (ou singulaire) dont on le désigne parfois signifie qu'à la différence des connectifs il ne s'applique pas à l'union de deux jugements atomiques mais à un seul qu'il fait passer de la valeur « vrai » à la valeur « faux ». Le problème essentiel que pose à la linguistique la négation est son statut : est-il syntaxique ou sémantique, autrement dit s'agit-il d'une simple opération affectant les énoncés terminaux ou doit-on au contraire remonter à la structure la plus profonde pour tenter de poser ce foncteur et, dans ce dernier cas, quelle sera son incidence, la fonction ou l'argument ?
On ne peut, en effet, se contenter d'étudier la négation au niveau le plus superficiel, car il s'agit d'un constituant au comportement capricieux, discontinu en français, se combinant dans d'autres langues avec les différents quantificateurs (les semi-négatifs du latin ou le any anglais en témoignent, de même que le kein allemand), exigeant parfois l'appoint d'un […]
