4. Une audience internationale
Les nazaréens ont joui de leur temps d'une audience internationale et les prolongements de leur œuvre furent profonds ; c'est cependant davantage en référence à une certaine conception nazaréenne de l'art qu'aux réalisations proprement dites, bien que ces réalisations aient eu, dans divers pays, une influence plus grande qu'on ne le suppose généralement. Overbeck a travaillé pendant cinquante ans à Rome, comme artiste remarqué et honoré du pape et comme chef spirituel de la confrérie des nazaréens, qu'il sut regrouper autour de lui, même après la dissolution de la Confrérie de saint Luc (1818). Il a eu de nombreux élèves italiens, et les œuvres de T. Minardi, G. Guidi et A. Franchi sont d'influence nazaréenne. L'académie des Beaux-Arts de Pérouse et celle de Saint-Luc à Rome comptaient quelques nazaréens parmi leurs membres. La France n'est pas demeurée à l'écart de ce mouvement : Overbeck et Ingres se sont connus. Si, au départ, Overbeck a été influencé par Ingres, les œuvres religieuses d'Ingres après 1825 sont difficilement imaginables sans la connaissance des tableaux et des dessins des nazaréens. Dans les cercles catholiques français, ceux-ci ont joui d'une grande estime (écrits de Martin de Noirlieu). Puvis de Chavannes, les nabis et en particulier l'école de Beuron semblent avoir été fortement impressionnés par leur univers mystique et leur esthétique. En Angleterre, enfin, un artiste comme William Dyce connaissait bien Overbeck. Il constitue le lien avec les préraphaélites, qui ont repris l'essentiel des idées des nazaréens, mais en les présentant différemment. W. Holman Hunt s'inspirera pour son célèbre tableau The Light of the World d'un « Overbeckian print ». Ce n'est pas un hasard si les premiers biographes d'Overbeck furent des Anglais et si les Anglais se montrèrent des acheteurs enthousiastes des œuvres des nazaréens. Celles-ci, en particulier les travaux d'Overbeck, ont été aussi vendues en Russie, en Yougoslavie, aux États-Unis, à Malte et au Danemark.
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