2. De l'ère des Grandes Découvertes à celle des cap-horniers
• Navires de la Renaissance et navigation hauturière
Le besoin de tourner la puissance ottomane qui, depuis le milieu du xve siècle, détenait en Orient le monopole du commerce vers les Indes imposait aux peuples d'Occident la découverte de nouvelles routes maritimes. Deux possibilités s'offraient : contourner l'Afrique ou faire route à l'ouest en supposant que la Terre fût ronde. Les Portugais, sous l'impulsion d'Henri le Navigateur, s'engagèrent sur la première voie. Bartolomeu Dias reconnaît le cap de Bonne-Espérance en 1487, Vasco de Gama rallie les Indes en 1498 ; les Espagnols se lançaient sur la seconde et découvraient l'Amérique (Christophe Colomb, 1492). La route des Indes par l'ouest s'ouvrait plus tard après que Magellan eut reconnu le passage du sud de l'Amérique (1520). Les Grandes Découvertes consacraient ainsi le perfectionnement des navires et les progrès de l'art nautique qui les avaient rendues possibles.
Née sur les côtes ibériques du Nord et de Méditerranée, la caravelle fut l'outil des Grandes Découvertes : voilier long aux lignes affinées, de dimensions moyennes (la Santa Maria de Colomb mesurait 39 m de long et 8 m de large), la caravelle était rapide et légère (100 tonneaux). Grâce à la multiplicité des mâts : grand mât, artimon, trinquet, elle pouvait porter une voilure importante ; voiles carrées aux mâts de l'avant, voile latine à l'artimon et petite voile carrée sous le beaupré (civadière) lui conféraient l'avantage de tenir l'allure de près et d'être très maniable. Mais la caravelle, outil perfectionné et coûteux, taillée pour la vitesse et les routes proches du vent, ne pouvait guère assurer les fonctions de transport et de combat ; celles-ci furent confiées aux caraques et galions qui constituèrent, jusqu'au xviie siècle, l'essentiel des flottes du Ponant et du Levant. Navires très lourds (jusqu'à 2 000 tonneaux), de formes massives (15 m de large pour 50 m de long), ils n'avaient aucune aptitude à dépasser le […]
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