L'importance des transports fluviaux en Gaule remonte aux temps préhistoriques. Si l'on jette un coup d'œil sur une carte des lieux où l'on a trouvé du silex du Grand-Pressigny, provenant du centre de la Gaule, on s'aperçoit qu'une très forte proportion des trouvailles se situent au voisinage des cours d'eau. Dans les campagnes d'Hannibal et de César la batellerie a joué un rôle important.
À l'époque gallo-romaine, la batellerie était florissante sur les cours d'eau importants, particulièrement sur le Rhône et la Saône. La batellerie fluviale comportait divers types d'embarcation : barque monoxyle, « linter » ; bateau à aviron sans quille, « lembus » ; barque à rame, « scapha » ; embarcation assez large avec avant pointu et arrière plat... Les bateliers étaient des naviculaires, des utriculaires (dont les radeaux étaient soutenus par des outres), des nautes, affectés à des rivières déterminées. Les nautes se chargeaient aussi du transport par terre entre deux rivières. À Lyon, un naute est en même temps marchand de vin ; un autre, marchand de saumures. Un bas-relief trouvé à Cabrières-d'Aigues montre une barque en forme de croissant, sans voile et non pontée, servant à transporter deux grosses barriques. La barque est halée par trois hommes. À bord, un autre se sert d'une rame.
La corporation, particulièrement puissante sur la Loire, avait ses autels. On a trouvé plusieurs invocations de nautes à Vulcain, notamment à Paris et à Sens. En voici une, trouvée à Nantes : « Deo Vol[cano] pro salute uic[anorum] Por[tuesium] et nau[tarum] Lig[ericorum]. » À Nîmes, un autel est dédié à « Volcano et Ventis ». Derrière ce Vulcain se cache sûrement un dieu quelque peu différent du Vulcain latin.
Paul QUENTEL
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