« Natura 2000 » est un réseau européen de sites écologiques dont les objectifs sont, d'une part, la préservation de la biodiversité, et, d'autre part, la valorisation des territoires. Ces sites sont désignés au titre de deux directives européennes : la directive « oiseaux » de 1979, et la directive « habitats faune flore » de 1992. Celles-ci définissent des listes d'espèces, et « d'habitats d'espèces » considérés comme nécessitant des mesures de préservation au niveau européen, par grandes zones dites biogéographiques (atlantique, continentale, alpine, méditerranéenne, etc.).
Ce réseau concerne tous les pays de l'Union. Chaque État membre doit définir les méthodes ou règles de gestion de ces sites, de façon à atteindre les objectifs de préservation. Un point est effectué tous les six ans (le premier ayant été réalisé en 2007) pour évaluer l'évolution de la situation, et l'effet des mesures prises. La directive « oiseaux » engage les États membres à classer en zone de protection spéciale (Z.P.S.) les territoires les plus appropriés à la préservation, au maintien et au rétablissement d'une diversité et d'une superficie nécessaire et suffisante d'habitats naturels favorables à la conservation des oiseaux (et, conséquemment, de beaucoup d'autres espèces).
La directive « habitats » prévoit la désignation de zones spéciales de conservation (Z.S.C.) dont l'objectif est de préserver les habitats naturels ainsi que la faune et la flore sauvages.
La mise en œuvre de ce programme a privilégié, en France, après quelques tergiversations, une approche au plus près du terrain, fondée sur la mobilisation des acteurs locaux et notamment des collectivités, l'objectif étant de promouvoir une gouvernance locale. Natura 2000 y couvre environ 12 p. 100 de la surface totale du territoire français (soit quelque 6,5 millions d'hectares), dont environ la moitié en zone agricole, le reste se partageant entre forêts, zones humides, landes ou terrains de haute montagne. De très nombreuses voies de communication traversent évidemment ces sites. Un mécanisme de « documents d'objectifs », définissant les pratiques de gestion adaptées à chaque site, est mis en place ; des contrats avec les agriculteurs ou gestionnaires de territoire en assurent la mise en œuvre. On compte 1 305 sites d'intérêt communautaire (directive « habitats ») et 371 zones de protections spéciales (directive « oiseaux »).
À l'échelle de l'Europe, ce réseau rassemblait, en juillet 2007, 26 304 sites. Il se composait de 4 830 zones de protection spéciale couvrant 486 571 km2 (soit 10 p. 100 du territoire européen) et de 21 474 propositions de sites d'intérêt communautaire couvrant 626 870 km2, soit 12,8 p. 100 de l'Union européenne.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



