8. Constitution du parti
Aujourd'hui, le premier étai structurant est le parti, groupement politique disposant, à des degrés divers, d'une mystique, d'un programme, d'une implantation et qui, peu à peu, va se transformer en groupe structuré, stable, ayant d'autant plus tendance à se confondre avec l'État naissant qu'il existait, en filigrane, avant lui. Il en fut, sous des formes et des noms divers, toujours ainsi : ce sont des groupes, voire des quasi-groupes, de type idéologique, religieux, militaire, ou même, comme on le voit dans la période actuelle, la synthèse de ces trois types, entraînant des luttes d'idées soutenues par des guérillas qui amènent à la « reconnaissance » de leurs représentants comme représentants de la nouvelle nation. Sous des formes variant avec le temps et les lieux s'établissent des structures internes à la nation, structures au dynamisme puissant et qui coaguleront les sentiments encore épars des masses nationales autour de l'intelligentsia, puis autour d'une classe politique qui n'est plus embryonnaire (parti unique ou front de divers groupes idéologiques, au sein duquel l'un d'eux est prépondérant). En remontant dans le passé des trois vagues, on trouve toujours, face aux deux perspectives de la prise du pouvoir et de la construction nationale, cet élément, dont seul le vocable change. On constate aussi la propension du parti ou du front à se substituer à l'État, qu'il modèle en fonction de son idéologie propre, des tendances traditionnelles de ses commettants et des impératifs de ceux qui, à l'extérieur, « reconnaissent » le pouvoir naissant de la nation et de l'idéologie sur laquelle il s'appuie.
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