7. Reconnaissance extérieure
Cependant, le processus de construction nationale ne débuterait même pas sans le phénomène de reconnaissance extérieure : une nation ne se développerait pas, et à plus forte raison l'État qui la soutient, sans l'accord des autres. Il lui faut entrer dans le club international pour véritablement naître, c'est-à-dire apparaître au grand jour. Rien ne serait véritablement réel sans l'accord de l'étranger : paradoxalement, l'« égotisme nationalitaire » serait une forme de solipsisme sans l'accord d'autrui ; la Pologne en fut le meilleur exemple, et il n'est pas nécessaire de nommer les nationalités aujourd'hui en surgescence ou en reviviscence et qui ne s'actualisent pas. La recherche de cette « reconnaissance », politique d'abord, économique ensuite, diplomatique enfin, a d'ailleurs été, consciemment ou non, l'un des principaux soucis des leaders « nationalitaires ». Cela s'est réalisé sous les formes les plus diverses, mais toujours par l'intermédiaire de groupes qui se sont constitués en pouvoir politique, quel que soit le nom que ces groupes s'attribuent (Comité national, Conseil national, Junte libératrice), en quelque langue et en quelque temps que ce soit au cours des trois vagues. Au milieu de la multiplicité concurrentielle de ces comités, des rivalités de clans, de factions, de clientèles, au mieux d'idéologies, celui qui sera « reconnu » disposera du pouvoir, d'abord clandestin, puis semi-clandestin, officieux, et enfin officiel. Avec la « reconnaissance » apparaissent les éléments terminaux de la naissance nationale, les éléments initiaux de la construction nationale, les étais de la nation encore malléable, non durcie.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



