Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

HAWTHORNE NATHANIEL (1804-1864)

Page précédente Page suivante

4.  Le mythe féminin

Bien qu'appartenant à la première génération des romanciers américains, Hawthorne va d'emblée plus loin que James, que Faulkner, qu'O'Neill ou qu'Albee dans la peinture de la femme. À une époque où les féministes faisaient déjà beaucoup parler d'elles, il n'était pas sans remarquer que la prétendue émancipation de la femme n'était que négative. Même s'il n'a pas su en tirer jusqu'au bout les conclusions – ce qui serait plutôt la tâche d'un philosophe ou d'un sociologue –, il a été le seul de son temps à dépeindre avec force le drame de la femme moderne en Amérique et la rivalité entre la psyché masculine et la psyché féminine qui en est inséparable. Dans Valjoie (The Blithedale Romance, 1852), nous voyons en Priscilla le type de féminité que « l'homme a passé des siècles à parfaire », faible, désarmée, implorant la protection masculine, contrastant avec la statuesque Zenobia, la femme nouvelle qui, malgré son indépendance, n'est pas heureuse. Quant à la Miriam du Faune de marbre (The Marble Faun, 1860), elle voit dans le père, l'époux et l'amant l'ennemi héréditaire, tout comme une héroïne de Strindberg. Mais Hester seule incarne la féminité telle que Hawthorne la concevait. C'est dans La Lettre écarlate qu'il laisse éclater, en dépit de ses réticences puritaines et en accord avec ses désirs secrets, la révolte féminine. Hester Prynne revendique le droit de préférer à un vieux mari un jeune amant, le droit d'aimer, de vivre, de se cultiver pleinement, de penser et d'agir comme un homme. Hawthorne a bel et bien tracé le portrait de la femme capable de sauver l'homme qui oserait l'aimer sans arrière-pensée et l'aider à devenir elle-même, et cela, paradoxalement, à l'encontre de toutes ses idées antiféministes. Car son idéal féminin secret était, ô scandale ! aussi éloigné de celui qui s'illustre dans les ligues de tempérance que son roman pouvait l'être du roman victorien. C'est pourquoi La Lettre écarlate peut encore être un livre explosif.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« HAWTHORNE NATHANIEL (1804-1864) » est également traité dans :

LA LETTRE ÉCARLATE, livre de Nathaniel Hawthorne

Écrit par :  Michel FABRE

Les expériences et les tendances contradictoires de Nathaniel Hawthorne (1804-1864), écrivain qui est peut-être le plus représentatif des États-Unis du xixe siècle, convergent dans La Lettre écarlate, son meilleur roman, publié en 1850, et que Henry James considérait, quarante ans plus tard, comme « l'œuvre la plus… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

Écrit par :  Marc CHÉNETIERRachel ERTELMichel FABREJean-Pierre MARTINPierre-Yves PÉTILLONBernard POLIJacques ROUBAUD

Dans le chapitre "La quête du « père »"  : …  par exemple, qui renie ses parents, invente sa nouvelle identité et se fait bootlegger ? *Hawthorne avait depuis longtemps proclamé que la lignée des propriétaires de la maison aux sept pignons (The House of the Seven Gables, 1851) ne fondait ses droits que sur le crime et sur l'hypocrisie. L'origine des dynasties, dans l'œuvre… Lire la suite
JAMES HENRY (1843-1916)

Écrit par :  Diane de MARGERIE

Dans le chapitre "Le regard"  : …  et exclu, son mari sombre et cruel, une intrigante qui la domine, et de nombreux prétendants refusés. Ce portrait qui se construit par touches est inoubliable, tout comme celui d'une autre puritaine, Hester Prynne de La Lettre écarlate : James a d'ailleurs plus d'une affinité avec *Nathaniel Hawthorne, auquel il consacra un livre en 1879… Lire la suite

Retour en haut

Média

Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Nathaniel Hawthorne

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média