6. Avenir du natalisme
La montée en puissance des démocraties a ainsi été l'un des obstacles les plus puissants au natalisme. « Un enfant si je veux, quand je veux », scandaient les féministes des années 1960, et non « un enfant pour la nation quand elle le demande ». Le natalisme est alors sur la voie du déclin. L'I.N.E.D. a retiré de ses statuts la promotion de la natalité, le Haut Conseil de la population et de la famille somnole, l'Alliance rencontre des difficultés financières. La part des allocations familiales dans le revenu des ménages a sans cesse diminué. Au cours de son siècle d'existence, le natalisme aura été à la remorque des événements, ne lâchant les points de vue conservateurs que quand ils devenaient réactionnaires : contre l'avortement et la contraception entre les deux guerres, puis acceptant la loi Neuwirth qui légalisa la contraception en 1967 et la loi Veil qui institua l'I.V.G. en 1975 ; pour le retour de la femme au foyer jusqu'à une époque récente, et plaidant aujourd'hui pour la conciliation de l'activité féminine et de la famille. En outre, le natalisme a favorisé une interprétation alarmiste de la baisse de fécondité sans s'apercevoir qu'elle était largement explicable par l'important retard pris par les couples dans la constitution de leur famille. De plus en plus marquée du côté d'un conservatisme étroit, discréditée scientifiquement par ses erreurs d'interprétation, il est donc logique que cette idéologie perde son emprise, mais, en tant qu'idéologie, elle reste tapie dans l'argumentation de nombreuses questions sociales dont elle peut influencer l'appréciation. C'est cette influence diffuse qui constituera peut-être sa dernière trace.
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