4. Politiques de l'enfance, familialisme, natalisme
Comme on le voit, le natalisme interfère avec le soutien de la famille traditionnelle ou familialisme et avec la politique de l'enfant initiée par les États-providence, ce qui complique la situation car des mesures natalistes se dissimuleront derrière une politique de l'enfant et un soutien à la famille traditionnelle derrière le natalisme. Le cas a été particulièrement net en France, dans les années 1970, lors du débat sur la légalisation de l'interruption de grossesse (I.V.G.) combattue par les familialistes au nom de la défense de la natalité, mais acceptée par les natalistes au nom du désir d'enfant, l'un de leurs principaux arguments. Dans un autre ordre d'idée, le thème essentiel de l'égalité des chances est avancé par les natalistes pour justifier des allocations familiales élevées. Cependant pour participer à la politique sociale, les allocations devraient être d'autant plus importantes que la famille est pauvre, ce qui est le contraire de la revendication nataliste d'égalité horizontale.
Des critères précis permettent cependant de faire le partage entre politique de l'enfant et natalisme. Deux d'entre eux sont simples : rechercher si les enfants touchent la même prime quelle que soit la taille de leur famille (le natalisme privilégie les familles à partir de trois enfants, la politique de l'enfant traite également tous les enfants) et rechercher quel est le destinataire ultime de la prime (le parent pour le nataliste, l'enfant pour le non-nataliste). Au cours des années 1970-2000, les mesures natalistes ont eu tendance à se transformer en mesures d'aide à l'enfance. Actuellement, on estime qu'en France 50 p. 100 des aides sont distribuées sous condition de ressources (le pourcentage est de 100 p. 100 dans un pays non nataliste comme la Grande-Bretagne).
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