Natalia Bessmertnova fut l'une des artistes les plus exemplaires du Bolchoï. Ballerine inspirée, émouvante liane brune aux « mains effilées comme les madones de Van der Weyden » (Le Monde, Olivier Merlin), elle avait triomphé sur toutes les grandes scènes internationales, lorsque le Kremlin transformait ses danseurs en ambassadeurs de charme.
Née à Moscou le 19 juillet 1941, d'un père médecin et d'une mère au foyer, tous deux étrangers au monde des arts, Natalia Bessmertnova manifeste très tôt le désir de danser. Inscrite au cours de danse de la Maison des pionniers et rapidement remarquée, elle entre à l'école du Bolchoï dont elle sort major de sa promotion en 1961. Immédiatement engagée dans la troupe, elle s'y révèle l'année suivante par son interprétation élégiaque des Sylphides. Élève de Marina Semionova (artiste russe qui avait été invitée par Serge Lifar en 1935 à l'Opéra de Paris où l'on donnait pour la première fois des extraits du Lac des cygnes et de la Belle au bois dormant), elle remporte, en 1964, la prestigieuse médaille d'or du concours de Varna, puis en 1970, à Paris, le prix Pavlova, distinctions auxquelles s'ajoutent les traditionnels honneurs soviétiques : artiste du Peuple en 1976, prix de l'Union soviétique en 1977, prix Lénine en 1986.
Au début de sa carrière, elle a la chance de se produire au bras de Mikhaïl Lavrovski, virtuose dont le tragique tourmenté est à l'unisson de ses interprétations, puis à celui d'Alexandre Bogatiriov, artiste poétique à l'élégance blessée des grands romantiques et, enfin, d'Irek Moukhamedov avant que celui-ci ne quitte Moscou pour Londres en 1990. Occasionnellement, elle danse avec Vladimir Vassiliev (Spartacus, Ivan le Terrible), Youri Vladimirov (Ivan le Terrible). Après 1990, elle aura rarement des partenaires à son niveau. Au sein de la troupe du Bolchoï, elle côtoie deux autres très grandes ballerines, sa contemporaine Ekaterina Maximova et la « star », en fin de carrière, la hiératique et sensuelle Maïa Plissetskaïa. On pourrait parler de riva […]
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