Né près de Balkh, d'une famille shī‘ite, Nāsir-e Khosraw se convertit, au cours d'un voyage en Égypte fatimide, à l'ismaélisme, dont il devient un ardent propagandiste ; il a décrit de pieux poèmes à tendances didactiques, un « Livre sur le bonheur » (Sa‘ādat-namah), un « Livre de la clarté » (Rawshanā'ī-namah) et un « Itinéraire » (Safar-namah), où il parle de son voyage. Dans une douzaine d'ouvrages, il exposa la doctrine ismaélienne. Le plus célèbre est le Djāmi‘ al-Ḥikmatayn (le « Livre des deux sagesses » qui réunit la théologie et la philosophie (laquelle est pour lui le néo-platonisme).
Nāsir-e Khosraw a une conception mystique de la nature qu'il voit comme issue d'une contemplation que l'âme projette en elle. De son côté, l'âme procède de la contemplation que l'intelligence projette sur elle-même. L'inspiration plotinienne de cette pensée est évidente. On en dirait autant sur la question des rapports entre le temps et l'éternité : l'un est éternité mesurée, l'autre est temps sans mesure. La théologie de Nāsir-e Khosraw tourne le dos à la scolastique du kalām spéculatif, qui n'est qu'un effort pour rationaliser l […]
