Quatrième souverain de la Perse qādjār, Nāseroddin Shāh (qui régna de 1848 à 1896) était le fils de Mohammad Shāh qui, durant la plus grande partie de son règne (1834-1848), avait laissé gouverner son vizir autocrate Hādji Mirzā Āqāsi. Bien qu'ayant hérité très jeune d'une situation politique et socio-économique très défavorable, il parvint, grâce à l'action de son remarquable vizir Mirzā Taqi Khān Amir Nezām (Amir Kabir), à s'assurer le pouvoir, à rétablir l'ordre et à entreprendre des réformes (finances, fiscalité, justice, armée, enseignement, économie). Mais ces réformes et la lutte contre la corruption et les privilèges attirèrent à Amir Kabir l'opposition de certains uléma et une foule d'ennemis à la cour ; une faction groupée autour de la puissante reine mère provoqua sa destitution (nov. 1851), puis son exécution (janv. 1852). Mirzā Āqā Khān Nuri, un des principaux artisans de sa chute, lui succéda comme vizir. Obligé de louvoyer entre les intrigues courtisanes (manigancées par la favorite) et les pressions russe et anglaise sur la politique persane, celui-ci entreprit, après Fath ‘Ali Shāh et Mohammad Shāh, la conquête de Hérat, qui se solda de nouveau par un échec, et […]
