Fils d'un exilé espagnol, Narcisse Virgile Diaz de la Peña a une jeunesse errante : de Bordeaux, sa ville natale, à Paris en passant par l'Angleterre ou le Languedoc. Jeune apprenti dans une fabrique de porcelaines de Paris, il s'initie à l'emploi des couleurs et fait la connaissance des peintres Jules Dupré, Raffet, Troyon. En autodidacte, il essaie de peindre les environs immédiats de Paris avant d'étudier au Louvre les luministes : Corrège, Rembrandt, Prud'hon. De 1831, date de son premier envoi au Salon, jusqu'à sa mort, il connaît un succès relativement rapide auprès des collectionneurs et auprès des artistes qui vont devenir ses amis : Théodore Rousseau, Corot, Millet et Daumier. À cause d'une infirmité, le paysagiste ne vivra pas l'aventure des voyages, et cet admirateur de Hugo et de Delacroix ne verra que l'Orient de Decamps. En 1836 (année de sa rencontre avec Rousseau), il devient amoureux de la forêt de Fontainebleau où il trouve l'essentiel de ses motifs, choisis avec grand soin. Bientôt viennent se grouper autour de Rousseau, installé dans le village de Barbizon, des peintres qui vont faire éclater le cadre étriqué du paysage académique. Il s'agit d'une libération […]
