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NAPOLÉON Ier BONAPARTE (1769-1821) empereur des Français (1804-1814 et 1815)

Général français, Premier consul (1799-1804) puis Empereur des Français (1804-1814/1815), Napoléon BonapartePortrait de Napoléon Ier, Girodet-Trioson (en italien Napoleone Buonaparte), surnommé le Corse ou le Petit Caporal, fut l'une des figures marquantes de l'histoire occidentale. Il révolutionna l'organisation et la formation militaires, fit élaborer le Code Napoléon, qui servit de modèle aux codes civils ultérieurs, réorganisa l'éducation et mit en place avec la papauté le Concordat, dénoncé en 1905 mais toujours en vigueur en Alsace et en Moselle.

Portrait de Napoléon Ier, Girodet-Trioson Diaporama

Portrait de Napoléon Ier, Girodet-Trioson Anne Louis GIRODET dit GIRODET-TRIOSON, Portrait de Napoléon Ier - Étude pour "Remise des clés de la ville de Vienne le 13 novembre 1805", huile sur toile. Musée Bonnat, Bayonne. 

Crédits: E. Lessing/ AKG Consulter

Les nombreuses réformes de Napoléon laissèrent une empreinte durable sur les institutions de la France et d'une grande partie de l'Europe. Cependant, la passion qui le dirigea fut l'expansion militaire de la domination française et, bien qu'après sa chute la France fût à peine plus grande qu'au début de la Révolution, il fut quasi unanimement révéré, de son vivant et jusqu'à la fin du second Empire (sous le règne de son neveu), comme un des grands héros de l'Histoire.L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, J.-L. David

L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, J.-L. David Photographie

L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, J.-L. David Jacques-Louis David, L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, 1812. Huile sur toile, 203,9 cm x 125,1 cm. National Gallery of Art, Washington. 

Crédits: Courtesy National Gallery of Art, Washington Consulter

1.  La jeunesse

Napoléon Bonaparte naquit le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse, peu après la cession de l'île à la France par Gênes. Son père, Carlo Buonaparte, était un avocat dont la famille, issue de l'ancienne noblesse toscane, s'était installée en Corse au xvie siècle. Lui et son épouse, Letizia Ramolino, eurent huit enfants à élever en des temps difficiles.

Sous la conduite de Pasquale Paoli, de nombreux Corses résistèrent à l'occupation française. Carlo Buonaparte les rejoignit d'abord mais, lorsque Paoli prit la fuite, il se résigna à la présence des Français. Grâce à la protection du gouverneur de Corse, il fut nommé assesseur à la juridiction d'Ajaccio en 1771. En 1778, il obtint l'admission de ses deux fils aînés, Joseph et Napoléon, au collège d'Autun.

Sur le continent, Bonaparte continua quelque temps à se sentir étranger. Il ne partageait effectivement ni les traditions ni les préjugés de son nouveau pays : corse de tempérament, il était également, par son éducation, un homme du xviiie siècle.

Bonaparte séjourna brièvement à Autun, puis au collège militaire de Brienne et, pendant un an, à l'académie militaire de Paris. En février 1785, son père mourut d'un cancer de l'estomac. Bien qu'il ne fût pas le fils aîné, il assuma la position de chef de famille. En septembre, il fut diplômé de l'académie militaire (à la 42e place sur 58).

Napoléon Bonaparte fut ensuite nommé second lieutenant d'artillerie à Valence, dans le régiment de La Fère. Là, il lut beaucoup, en particulier des ouvrages sur la stratégie et la tactique. Il écrivit également Lettres sur la Corse. Il retourna dans l'île en septembre 1786 et ne rejoignit son régiment qu'en juin 1788. Entre-temps, l'agitation prérévolutionnaire avait commencé. Lecteur des Lumières, Bonaparte pensait qu'un changement politique était nécessaire mais, en tant qu'officier de carrière, il ne semble pas avoir éprouvé le besoin de réformes sociales radicales.

2.  La période révolutionnaire

  Les années jacobines

En septembre 1789, il rejoignit les partisans de Paoli, que l'Assemblée nationale avait autorisé à rentrer en Corse. Mais Paoli n'avait aucune sympathie pour un homme dont le père l'avait trahi et qu'il considérait comme un étranger. Déçu, Bonaparte retourna en France et, en avril 1791, il fut nommé premier lieutenant au 4e régiment d'artillerie, basé à Valence. Il devint bientôt le président du club des Jacobins local, prononçant des discours contre les nobles, les moines et les évêques. En septembre 1791, il obtint un congé de trois mois pour retourner de nouveau en Corse. Élu lieutenant-colonel de la garde nationale, il ne tarda pas à s'opposer à son commandant en chef, Paoli. En janvier 1792, il fut considéré comme déserteur mais, en avril, la France déclara la guerre à l'Autriche et son retard fut pardonné.

Bonaparte fut promu au grade de capitaine mais, en octobre 1792, il regagna la Corse, que Paoli s'apprêtait alors à séparer de la France. Il offrit son soutien à l'opposition jacobine et, quand la guerre civile éclata (avril 1793), Paoli fit condamner la famille Buonaparte à « l'infamie et l'exécration perpétuelles » ; tous s'enfuirent en France.

Il rejoignit son régiment à Nice en juin 1793. Dans Le Souper de Beaucaire, écrit à cette époque, il défend l'unité d'action des républicains rassemblés autour des Jacobins, qui se radicalisaient progressivement, et de la Convention nationale, l'Assemblée qui, à l'automne précédent, avait aboli la monarchie.

À la fin août 1793, les troupes de la Convention furent immobilisées devant Toulon, où des forces britanniques soutenaient les royalistes. Quand le commandant d'artillerie des troupes révolutionnaires fut blessé, Bonaparte obtint son poste grâce au commissaire de la Convention, Antoine Saliceti, député corse et ami des Buonaparte. Promu chef de bataillon en octobre, il fut blessé par une baïonnette le 16 décembre mais, le jour suivant, les Britanniques, harcelés par son artillerie, évacuèrent Toulon. Le 22 décembre, Bonaparte fut promu général de brigade en reconnaissance pour son rôle décisif dans la prise de la ville.

Le commissaire Augustin de Robespierre écrivit à son frère Maximilien, membre du Comité de Salut public, une lettre dans laquelle il louait le mérite « transcendant » du jeune officier. En février 1794, ce dernier fut nommé commandant d'artillerie de l'armée d'Italie. Après la chute de Robespierre (9 thermidor an II, 27 juillet 1794), Bonaparte, considéré comme son protégé, fut arrêté. Il fut libéré en septembre mais ne retrouva pas son commandement.

La vie de demi-solde était difficile pour Napoléon, qui entretenait alors une relation avec Désirée Clary, fille d'un riche homme d'affaires marseillais et sœur de Julie, la fiancée de Joseph Bonaparte. En mars 1795, il déclina un poste dans l'armée de l'Ouest. Il ne réussit cependant pas à obtenir un commandement plus satisfaisant, car sa profonde ambition et ses relations politiques le faisaient craindre. Il envisagea alors d'offrir ses services au sultan turc.

  Le Directoire

La Constitution soumise à référendum par la Convention, en octobre 1795, était assortie de décrets stipulant la réélection des deux tiers de l'Assemblée actuelle. Pour prévenir de telles mesures, les royalistes fomentèrent une révolte à Paris. La Convention donna des pouvoirs dictatoriaux à Paul Barras qui, ne voulant pas s'appuyer sur le commandant des troupes de l'Intérieur, nomma Bonaparte commandant en second. C'est donc ce dernier qui arrêta par les armes les insurgés marchant sur la Convention (13 vendémiaire an IV, 5 octobre 1795), sauvant ainsi et l'Assemblée et la République.

Bonaparte fut nommé commandant de l'armée de l'Intérieur et devint le conseiller militaire du nouveau gouvernement, le Directoire. À la même époque, il rencontra une séduisante créole, Joséphine Tascher de La PagerieL'impératrice Joséphine, veuve du général Alexandre de Beauharnais (guillotiné sous la Terreur) et mère de deux enfants.

L'impératrice Joséphine Photographie

L'impératrice Joséphine Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie (1763-1814), impératrice des Français, épouse de Napoléon Ier, avait épousé en premières noces le chevalier de Beauharnais. 

Crédits: Hulton Getty Consulter

Une vie nouvelle s'ouvrait pour Bonaparte. En mars 1796, il devint commandant en chef de l'armée d'Italie. Depuis plusieurs semaines, il essayait d'obtenir ce poste de manière à pouvoir mener lui-même le plan de campagne adopté sur ses conseils par le Directoire. Il épousa Joséphine le 9 mars et, le 11 mars, gagna son quartier-général à Nice. Là, Bonaparte trouva une armée de trente mille hommes (au lieu de 43 000 sur le papier), mal nourris, mal payés et mal équipés. Le 28 mars 1796, il fit sa première proclamation devant ses troupes : « Soldats, vous êtes nus, mal nourris. [...] De riches provinces, de grandes villes seront en notre pouvoir, et là, vous aurez richesses, honneur et gloire. Soldats d'Italie, manqueriez-vous de courage ? »

Bonaparte engagea l'offensive le 12 avril. Il battit successivement les armées autrichienne et sarde, qu'il séparaBataille du pont de Lodi. Le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, demanda un armistice. Au traité de Paris, le 15 mai, Nice et la Savoie, occupées depuis 1792, furent annexées par la France. Bonaparte poursuivit la campagne contre les Autrichiens et occupa Milan. Arrêté devant Mantoue, il signa des armistices avec le duc de Parme, le duc de Modène et le pape Pie VI. Il s'intéressa en outre à l'organisation politique de l'Italie. En Lombardie, il mit en place un régime républicain, tout en gardant un œil attentif sur ses dirigeants. En octobre 1796, il créa la République cisalpine par la réunion de Modène et de Reggio d'Émilie avec les États pontificaux de Bologne et de Ferrare, occupés par les Français. Il envoya ensuite une expédition en Corse, qui avait été évacuée par les Anglais.

Bataille du pont de Lodi Photographie

Bataille du pont de Lodi Le général Bonaparte donne ses ordres à la bataille du pont de Lodi. Huile sur toile de Louis-François Lejeune, vers 1804. Château de Versailles. 

Crédits: E. Lessing/ AKG Consulter

Après la bataille de Rivoli, en janvier 1797, Mantoue capitula. Bonaparte marcha alors sur Vienne. L'Autriche demanda un armistice. Dans les préliminaires de paix qui suivirent, elle céda le sud des Pays-Bas à la France et reconnut la République lombarde. En échange, elle reçut une partie du territoire de la république de Venise. Bonaparte consolida ensuite les Républiques italiennes et encouragea la propagande jacobine en Vénétie. L'espoir de voir naître une « République italienne » unique et indivisible, sur le modèle français, naquit alors chez certains patriotes italiens. Au même moment, Bonaparte s'inquiétait des succès remportés par les royalistes en France lors des élections du printemps 1797. Il conseilla au Directoire de leur barrer le passage par la force, et envoya le général Pierre Augereau à Paris pour soutenir le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Son propre prestige s'en trouva renforcé et il put conclure à son gré le traité de Campoformio avec l'Autriche. La popularité de Bonaparte atteignit alors son apogée : après cinq années de guerre sur le continent, il avait mené la France à la victoire.

Seule la guerre avec la Grande-Bretagne se poursuivait. Les Directeurs nommèrent Bonaparte à la tête d'une armée rassemblée sur les côtes de la Manche, afin d'envahir les îles Britanniques. En février 1798, il déclara que l'opération ne pouvait être entreprise sans la maîtrise de la mer. Il suggéra donc de frapper la Grande-Bretagne à la source même de ses richesses, en occupant l'Égypte et en faisant peser une menace sur la route des Indes. Sa proposition, appuyée par Charles-Maurice de Talleyrand, le ministre des Affaires étrangères, fut acceptée par des Directeurs trop heureux de se débarrasser de leur jeune et ambitieux général.

L'expédition commença dans des conditions favorables : Malte, la forteresse des Hospitaliers, fut occupée le 10 juin 1798, Alexandrie tomba le 1er juilletExpédition d'Égypte et tout le delta du Nil fut bientôt envahi. Le 1er août, cependant, l'escadre française fut totalement détruite dans la rade d'Aboukir par la flotte de l'amiral Horatio NelsonBataille d'Aboukir. Bonaparte, qui se retrouvait prisonnier de la terre qu'il avait conquise, entreprit de doter le pays d'institutions politiques occidentales, d'une administration et de savoirs techniques. Cependant, en septembre, l'Empire ottoman, suzerain nominal de l'Égypte, déclara la guerre à la France. En février 1799, Bonaparte marcha sur la Syrie. Sa progression fut arrêtée à Saint-Jean-d'Acre, où les Anglais soutinrent la résistance de la ville et, en mai, il amorça un repli désastreux sur l'Égypte.

Expédition d'Égypte Photographie

Expédition d'Égypte Parti de Toulon le 19 mai 1798 avec environ 50 000 hommes et 300 navires, Bonaparte débarque près d'Alexandrie, le 1er juillet. L'expédition d'Égypte a été mise sur pied par le Directoire pour nuire à l'Angleterre et lui barrer la route des Indes; mais c'est son œuvre scientifique qui est… 

Crédits: AKG Consulter

Bataille d'Aboukir Photographie

Bataille d'Aboukir Vue de la rade d'Aboukir, le 1er août 1798, au tout début de la manœuvre d'encerclement anglaise. Huile sur toile de Nicolas Pocock (1740-1821). 

Crédits: AKG Consulter

La bataille d'Aboukir avait montré que Bonaparte n'était pas invincible. La Grande-Bretagne, l'Autriche, la Russie et l'Empire ottoman formèrent une nouvelle coalition. Au printemps de 1799, les défaites françaises en Italie provoquèrent des troubles en France même. Le coup d'État du 30 prairial an VII (18 juin 1799) chassa du Directoire les modérés, pour y faire entrer des « jacobins ». L'un des nouveaux Directeurs, Emmanuel Sieyès, était persuadé que seule une dictature militaire pouvait prévenir une restauration de la monarchie. « Je cherche un sabre », disait-il. Bonaparte décida de quitter son armée et de revenir en France – pour sauver la République, bien sûr, mais aussi pour tirer avantage de la nouvelle situation et s'emparer du pouvoir. Le Directoire avait déjà ordonné son retour mais, cet ordre ne lui étant pas encore parvenu, c'est en désobéissant à ses instructions qu'il quitta l'Égypte le 22 août 1799, pour arriver à Paris le 14 octobre.

Au même moment, les victoires françaises en Suisse et en Hollande avaient écarté le danger d'une invasion et le salut de la République ne pouvait plus justifier un coup d'État. Néanmoins, Sieyès se ligua avec Bonaparte : les 18-19 brumaire an VIII (9-10 novembre 1799), les Directeurs furent contraints à la démission, les membres des Conseils, dispersés, et un nouveau gouvernement, le Consulat, fut mis en place. Les trois consuls étaient Bonaparte, Sieyès et Pierre Roger Ducos, autre ancien Directeur. Cependant, Bonaparte était désormais le véritable maître du pays.

3.   Le Consulat

  La consolidation du pouvoir

La personnalité de Bonaparte (surnommé alors le Petit Tondu) était mal connue mais on faisait confiance à quelqu'un qui avait toujours été victorieux (Aboukir et Saint-Jean d'Acre étaient oubliés). On attendait de lui qu'il rétablisse la paix, qu'il mette fin au désordre et qu'il consolide les « conquêtes » politiques et sociales de la Révolution. Il était effectivement d'une intelligence exceptionnelle, prompt à se décider, doté d'une inlassable puissance de travail mais aussi d'une ambition insatiable. Il apparaissait comme un homme de la Révolution car c'est grâce à elle qu'il avait pu se hisser aussi jeune à la tête de l'État. Cependant, il était plus encore un homme du xviiie siècle : le plus éclairé des despotes éclairés, le véritable fils spirituel de Voltaire. Il ne croyait ni à la souveraineté du peuple ni à la volonté populaire, pas plus qu'au débat parlementaire. Il préférait les « hommes de talent » (fussent-ils cyniques) aux « techniciens » et pensait qu'une volonté éclairée et ferme pouvait tout faire avec le soutien des baïonnettes. Il se méfiait des masses, qu'il craignait. Quant à l'opinion publique, il pensait pouvoir la modeler à sa guise. On l'a qualifié de plus « civil » des généraux, mais fondamentalement il resta toujours un soldat.

Bonaparte imposa à la France une dictature dont la vraie nature fut d'abord masquée par la Constitution de l'an VIII (4 nivôse an VIII, 25 décembre 1799), conçue par Sieyès. Cette Constitution ne garantissait pas les « droits de l'homme », ne mentionnait pas non plus « la liberté, l'égalité et la fraternité », mais elle rassurait les partisans de la Révolution en proclamant l'irrévocabilité de la vente des biens nationaux et en maintenant les lois contre les émigrés. Le Premier consul nommait les ministres, les généraux, les fonctionnaires, les magistrats et les membres du Conseil d'État. Son influence était déterminante dans le choix des membres des assemblées législatives, en principe effectué au suffrage universel. En février 1800, cette Constitution fut approuvée par plébiscite à une écrasante majorité.

  Le programme de réformes

Le travail de réforme administrative du Consulat, entrepris à l'instigation de Bonaparte, devait se révéler plus durable que la Constitution. À la tête du gouvernement se trouvait le Conseil d'ÉtatCréation du Conseil d'État, 1799, nommé et présidé par le Premier consul. C'était à la fois la source des nouvelles lois et un tribunal administratif. À la tête des départements se trouvaient les préfets qui, succédant aux intendants de l'Ancien Régime, veillaient à l'application des lois et servaient d'agents de la centralisation. Le système judiciaire fut profondément transformé : les juges, qui étaient élus depuis le début de la Révolution, étaient à présent nommés par le gouvernement, leur inamovibilité garantissant leur indépendance. L'organisation de la police fut solidement renforcée. L'administration financière fut considérablement développée (recouvrement de l'impôt par des fonctionnaires spéciaux à la place des municipalités ; stabilisation du franc ; création de la Banque de France). L'éducation devint un service public majeur ; l'enseignement secondaire fut doté d'une organisation semi-militaire et les facultés furent rétablies. Toutefois, l'enseignement primaire restait négligé.

Création du Conseil d'État, 1799 Photographie

Création du Conseil d'État, 1799 Louis-Charles-Auguste Couder (1790-1873), Installation du Conseil d'État au Palais du Petit-Luxembourg le 25 décembre 1799, 1856. Huile sur toile. Musée de Versailles. Napoléon Bonaparte ainsi que les deux autres consuls reçoivent les serments des présidents. du Conseil d'État. 

Crédits: E. Lessing/ AKG Consulter

Tout comme Voltaire, Bonaparte estimait que le peuple avait besoin de religion. À titre personnel, le choix de cette dernière lui était indifférent. Cependant, il pensait que la paix religieuse devait être restaurée. Pie VII, devenu pape en mars 1800, fut plus accommodant que son prédécesseur. Après dix mois de négociations, la signature du Concordat de 1801 réconcilia l'Église et la Révolution. Le souverain pontife reconnaissait la République française et exhortait les évêques à la démission. De nouveaux prélats devaient être désignés par le Premier consul et investis par le pape. La vente des biens du clergé était officiellement reconnue par Rome. Implicitement, le Concordat admettait la liberté de culte et le caractère laïc de l'État.

La codification de la loi civile, entreprise en 1790, fut achevée. Le code promulgué le 21 mars 1804, plus tard connu sous le nom de Code Napoléon, donnait une forme permanente aux grands acquis de la Révolution : liberté individuelle, liberté de travail, liberté de conscience, caractère laïc de l'État et égalité de tous devant la loi. D'un autre côté, il protégeait la propriété foncière, donnait plus de liberté aux employeurs et ne manifestait que peu d'intérêt pour les employés. Il maintenait le divorce mais n'accordait aux femmes que des droits limités.

En ce qui concernait l'armée, le Premier consul conserva dans ses grandes lignes le système mis en place par la Révolution : recrutement par conscription forcée (mais avec la possibilité de se faire remplacer) ; mélange des conscrits avec les vétérans ; accessibilité à tous des grades les plus élevés. Cependant, la création de l'académie de Saint-Cyr, pour former les officiers de l'infanterie, rendit la poursuite d'une carrière militaire plus facile pour les fils de la bourgeoisie. L'École polytechnique, fondée par la Convention nationale, fut militarisée de manière à fournir des officiers à l'artillerie et au génie. En revanche, Bonaparte, qui plaçait sa confiance dans « les jambes de ses soldats », ne se préoccupa pas d'introduire des innovations techniques dans son armée. Sa stratégie était fondée sur la rapidité de mouvement.

  Les campagnes militaires et la paix difficile

Le Premier consul passa l'hiver 1799-1800 à réorganiser son armée et à préparer une attaque contre l'Autriche. Conscient de l'importance stratégique de la Confédération helvétique, à partir de laquelle il pouvait attaquer les Autrichiens soit en Allemagne, soit en Italie, il traversa le col du Grand-Saint-Bernard avant même la fonte des neiges et surprit l'armée autrichienne en train d'assiéger Gênes. La bataille de MarengoBataille de Marengo, en juin, donna à la France le contrôle de la vallée du Pô jusqu'à l'Adige et, en décembre, une autre armée française battit les Autrichiens en Allemagne. En février 1801, l'Autriche fut contrainte de signer le traité de Lunéville, qui reconnaissait le droit de la France à ses frontières naturelles telles que Jules César les avait attribuées à la Gaule (c'est-à-dire le Rhin, les Alpes et les Pyrénées). La Grande-Bretagne se lassa à son tour du conflit. Après des préliminaires de paix conclus à Londres en octobre 1801, la paix fut signée à Amiens le 27 mars 1802.

Bataille de Marengo Photographie

Bataille de Marengo Le 14 juin 1800, ce n'est qu'avec l'arrivée in extremis du corps d'armée de Desaix que Napoléon peut retourner la situation et l'emporter sur les Autrichiens. Huile sur toile de Louis-François Lejeune (1775-1848). Château de Versailles. 

Crédits: VISIOARS/ AKG Consulter

La paix générale était rétablie en Europe. Les amis du Premier consul proposèrent (sur sa suggestion) qu'une « mesure de reconnaissance nationale » lui soit offerte. En mai 1802, on décida de soumettre à référendum la proposition suivante : « Napoléon sera-t-il consul à vie ? » En août, un oui massif lui assura également le droit de désigner son successeur.

Pour Bonaparte, le traité d'Amiens inaugurait un essor de l'influence française. Il était avant tout bien décidé à faire d'une moitié de l'Europe un marché pour la France. Outre-mer, il projetait de récupérer Saint-Domingue (gouvernée depuis 1798 par Toussaint Louverture), d'occuper la Louisiane (cédée à la France par l'Espagne en 1800), voire de reconquérir l'Égypte, dans tous les cas d'étendre l'influence de la France en Méditerranée et dans l'océan Indien. En Europe continentale, il annexa le Piémont, imposa à la Confédération helvétique un gouvernement plus centralisé et partagea entre les princes allemands dépossédés de leurs territoires rhénans à Lunéville les États ecclésiastiques sécularisés.

La Grande-Bretagne, qui espérait au contraire pouvoir revenir sur certaines concessions faites à Amiens, s'alarmait de cette expansion française en temps de paix et trouvait difficilement tolérable qu'un seul État contrôlât les côtes continentales de Gênes à Anvers. La question maltaise fut l'occasion de la rupture. Prétextant que les Français n'avaient pas encore évacué certains ports napolitains, les Britanniques refusèrent de restituer Malte aux Hospitaliers, conformément au traité d'Amiens. Les relations entre les deux pays devinrent tendues et, en mai 1803, la Grande-Bretagne déclara la guerre à la France.

4.   L'Empire

L'établissement de la paix avait amené le Consulat à vie ; le retour de la guerre devait encourager la formation de l'Empire. Quand un complot d'assassinat financé par les Britanniques fut découvert en 1804, Bonaparte décida de réagir avec la vigueur appropriée. La police pensait que le chef réel de la conspiration était le jeune duc d'Enghien, descendant des Bourbons qui résidait en Allemagne, près de la frontière. En conséquence, avec l'accord de Talleyrand et du chef de la police, Joseph Fouché, le duc fut kidnappé en terrain neutre et amené à Vincennes, où il fut jugé et exécuté (21 mars). Cette action provoqua un sursaut d'opposition dans la vieille noblesse mais rehaussa l'influence de Fouché.

  La fondation de l'Empire

Dans l'espoir de consolider sa nouvelle position, Fouché suggéra à Bonaparte que le meilleur moyen de décourager de nouveaux complots contre sa personne était de transformer le consulat à vie en empire héréditaire. En effet, la présence d'un héritier ôterait tout espoir de changer le régime par un assassinat. Bonaparte accepta volontiers la proposition et, le 28 mai 1804, l'Empire était proclamé. Ressuscitant des institutions dignes de l'Ancien Régime, Napoléon voulut être couronné par le pape en personne, de sorte que son couronnement fut plus impressionnant encore que celui des rois de France. Pie VII consentit à venir jusqu'à Paris et la cérémonie, aussi scandaleuse aux yeux des royalistes qu'à ceux des briscards de la Révolution, se déroula à Notre-Dame le 2 décembre 1804. Au dernier moment, l'Empereur prit la couronne des mains du pape et la posa lui-même sur sa tête.

Les titres princiers furent rétablis pour les membres de la famille de Napoléon en 1804 et une noblesse impériale fut créée en 1808. L'Empereur intensifia sa propagande et imposa à la presse une censure de plus en plus stricte. Un régime dictatorial lui permit de poursuivre ses guerres sans se soucier de l'opinion publique française. Président de la République italienne (ex-République cisalpine) depuis janvier 1802, Napoléon fut proclamé roi d'Italie en mars 1805, et couronné à Milan en mai.

  La guerre avec la Grande-Bretagne

De 1803 à 1805, les Britanniques furent les seuls adversaires de Napoléon. Celui-ci se lança de nouveau dans la préparation d'une invasion, avec cette fois plus de conviction. Près de deux mille navires furent rassemblés entre Brest et Anvers, et la Grande Armée fut regroupée au camp de Boulogne (1803). Le problème restait cependant le même qu'en 1798 : pour traverser la Manche, la France devait maîtriser la mer. Pour cela, elle avait besoin de l'aide de l'Espagne, qu'elle poussa à déclarer la guerre à la Grande-Bretagne en 1804. Il fut décidé que des escadres française et espagnole attireraient une escadre anglaise dans les eaux antillaises. Si elles l'emportaient, on pouvait espérer quelque chance de victoire dans un affrontement à l'entrée de la Manche.

Le plan échoua. L'escadre française, commandée par l'amiral Pierre de Villeneuve, se retrouva seule au point de rendez-vous. Poursuivie par Nelson, elle se réfugia en juillet 1805 à Cadix, où elle fut bloquée par les Britanniques. Accusé de couardise par Napoléon, Villeneuve décida de forcer le blocus. Le 21 octobre 1805, il fut attaqué par Nelson au large du cap TrafalgarTrafalgar. L'amiral anglais fut tué dans la bataille, mais la flotte franco-espagnole fut totalement détruite, ce qui mettait la Grande-Bretagne à l'abri d'une invasion et lui assurait la liberté de mouvement sur les mers.

Trafalgar Photographie

Trafalgar La bataille navale de Trafalgar, en 1805. La flotte anglaise de l'amiral Nelson défit l'escadre franco-espagnole composée de trente-trois bâtiments sans perdre un seul navire, mais Nelson devait trouver la mort au cours de l'affrontement. 

Crédits: Hulton Getty Consulter

Entre-temps, les Anglais avaient mis sur pied une nouvelle coalition comprenant l'Autriche, la Russie, la Suède et Naples. Dès le 24 juillet 1805, Napoléon avait ordonné le déplacement de la Grande Armée de Boulogne au Danube. Dans la semaine qui précéda Trafalgar, ses troupes remportèrent une victoire éclatante contre les Autrichiens à Ulm et, le 13 novembre, Napoléon entrait à Vienne. Le 2 décembre 1805, il vainquit les armées conjointes de l'Autriche et de la Russie à la bataille d'Austerlitz, sa plus grande victoire. Au traité de Presbourg, l'Autriche renonça à exercer une quelconque influence en Italie et céda la Vénétie et la Dalmatie à Napoléon, ainsi qu'un vaste territoire allemand à ses protégés, la Bavière, le Wurtemberg et le Bade. Les Bourbons furent détrônés à Naples, qui revint à Joseph Bonaparte. En juillet 1806 fut fondée la Confédération du Rhin, qui devait bientôt englober toute l'Allemagne occidentale dans une union placée sous protection française.

En septembre 1806, la Prusse entra en guerre contre la France et, le 14 octobre, les armées prussiennes furent battues à Iéna et Auerstaedt. Les Russes offrirent une meilleure résistance à Eylau, en février 1807, mais ils furent mis en déroute en juin à Friedland. À Varsovie, Napoléon tomba amoureux d'une patriote polonaise, la comtesse Marie Walewska, dont il eut un fils. L'empereur russe Alexandre Ier, las de l'alliance avec la Grande-Bretagne, rencontra Napoléon à Tilsit, dans le nord de la Prusse. Là, sur un radeau ancré au milieu du Niémen, ils signèrent des traités qui créaient le Grand-Duché de Varsovie, à partir des provinces polonaises détachées de la Prusse, et répartissaient entre les deux empereurs la domination sur l'Europe.

  Le blocus continental et la campagne ibérique

Comme Napoléon devait renoncer à envahir l'Angleterre, il tenta d'obtenir une reddition en étouffant son économie. Il interdit tout commerce avec les îles Britanniques, ordonna la confiscation de tous les biens provenant des fabriques anglaises ou des colonies britanniques et déclara de bonne prise tout navire britannique, ou ayant abordé les rivages de l'Angleterre ou de ses colonies.

Pour que le blocus soit efficace, il fallait qu'il soit appliqué avec rigueur dans toute l'Europe. Cependant, dès le début, le Portugal, ancien allié de l'Angleterre, se montra réticent. Napoléon décida de briser l'opposition portugaise par la force. Charles IV d'Espagne autorisa la traversée de son royaume aux troupes françaises, qui occupèrent Lisbonne, mais la présence prolongée des Français dans le nord de l'Espagne provoqua une insurrection. Quand Charles IV abdiqua en faveur de son fils Ferdinand VII, Napoléon vit là une occasion de débarrasser l'Europe des derniers Bourbons. En avril 1808, il obtint la double abdication de Charles et de Ferdinand au profit de Joseph Bonaparte. Après la répression sanglante d'une émeute à Madrid, l'insurrection s'étendit à l'ensemble du pays, qui n'acceptait pas le nouveau roi.

Les défaites françaises qui s'ensuivirent portèrent un coup retentissant au prestige de Napoléon. La péninsule Ibérique devint une tête de pont pour les Britanniques et, sous le commandement énergique d'Arthur Wellesley (le futur duc de Wellington), les forces anglo-hispanico-portugaises devaient remporter des succès décisifs.

À Erfurt (septembre-octobre 1808), où il rencontra Alexandre Ier, Napoléon rassembla un grand nombre de princes pour impressionner le souverain russe, espérant lui arracher une promesse de soutien. Alexandre ne voulut cependant prendre aucun engagement définitif. Ce refus lui était en partie soufflé par Talleyrand, consterné par la nouvelle orientation politique de Napoléon.

Au début de 1809, alors que Napoléon avait déployé en Espagne presque toute la Grande Armée, l'Autriche déclencha une offensive en Bavière (avril), dans l'espoir de soulever toute l'Allemagne contre les Français. Napoléon battit à nouveau les Habsbourg (6 juillet) et le traité de Schönbrunn (14 octobre 1809) lui donna les provinces illyriennes, parachevant ainsi le « système continental ».

  Consolidation de l'Empire

Malgré des revers dans la péninsule Ibérique, la bonne fortune de Napoléon, qui se considérait comme l'héritier de Charlemagne, était à son zénith en 1810. Il répudia Joséphine, qui ne lui avait pas donné d'enfant, pour épouser Marie-LouiseMarie-Louise (1791-1847), impératrice des Français, fille de l'empereur d'Autriche François Ier. La naissance d'un fils, le roi de Rome, en mars 1811, sembla assurer l'avenir de l'Empire. Ce dernier atteignait à présent sa plus grande extension, englobant l'Illyrie, la Toscane, une partie des États pontificaux et les États allemands bordant la mer du Nord. Il était entouré d'États vassaux gouvernés par des parents de l'empereur : le royaume de Westphalie (Jérôme Bonaparte), le royaume d'Espagne (Joseph), le royaume d'Italie (vice-roi Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine), le royaume de Naples (Joachim Murat, beau-frère de Napoléon) et les principautés de Lucques et de Piombino (Félix Bacciochi, autre beau-frère). D'autres territoires étaient étroitement liés à l'Empire par des traités : la Confédération helvétique, la Confédération du Rhin et le Grand-Duché de Varsovie. Même l'Autriche paraissait liée à la France par le mariage avec Marie-Louise.

Marie-Louise (1791-1847), impératrice des Français Photographie

Marie-Louise (1791-1847), impératrice des Français Robert Lefevre (1755-1830), Marie-Louise. Museo Glauco Lombardi, Parme. 

Crédits: Istituto Geografico De Agostini Consulter

La nouvelle carte politique de l'Europe était grandement simplifiée. Cependant, les frontières ne coïncidaient ni avec la géographie physique ni avec les « nationalités ». Quoi qu'il ait pu dire par la suite, Napoléon ne se souciait pas de réaliser l'unité italienne ou allemande. Toutefois, en réduisant le nombre des États, en bousculant les frontières, en amalgamant des populations et en propageant des institutions issues de la Révolution française et du nationalisme, il prépara le terrain des unifications italienne et allemande. C'est également le sentiment national, stimulé par le contact avec les Français, qui provoqua en Espagne le premier mouvement de résistance à la domination française. En 1812, les Cortes nationales espagnoles (Parlement), réunies par les insurgés à Cadix, promulguèrent une Constitution inspirée à la fois par les idées de 1789 et par les institutions britanniques.

  Le désastre en Russie et ses conséquences

Depuis Erfurt, le tsar se montrait de moins en moins enclin à traiter avec Napoléon. Au printemps de 1812, ce dernier massa ses troupes en Pologne pour intimider Alexandre. À la fin du mois de juin, la Grande Armée (environ 600 000 hommes) entreprit la traversée du Niémen. Les Russes se replièrent, adoptant la tactique de la terre brûlée. Les troupes de Napoléon n'atteignirent les abords de Moscou qu'au début du mois de septembre. Le général russe Mikhaïl Koutousov engagea le combat à Borodino le 7 septembre. L'affrontement fut sauvage, sanglant et non décisif mais, une semaine plus tard, Napoléon entrait à Moscou, abandonnée et livrée aux flammes par les Russes. Contre toute attente, Alexandre refusa de traiter avec Napoléon. La retraite était nécessaire et l'arrivée précoce de l'hiver la rendit désastreuse. Après la difficile traversée de la Berezina, en novembre, l'armée principale de Napoléon comptait moins de dix mille hommes valides.

En Allemagne, la nouvelle de cette catastrophe provoqua une explosion de manifestations antifrançaises. Les contingents prussiens désertèrent la Grande Armée en décembre, pour se retourner contre les Français. L'Autriche retira également ses troupes et adopta une attitude de plus en plus hostile, tandis qu'en Italie le peuple abandonnait peu à peu Napoléon.

En France même, les signes de mécontentement à l'égard du régime se firent plus fréquents. À Paris, un général, Claude-François de Malet, faillit réussir un coup d'État après avoir annoncé, le 23 octobre 1812, que l'Empereur était mort en Russie. De retour à Paris le 18 décembre, Napoléon renforça la dictature, récolta de l'argent par divers expédients et leva des troupes.

En 1813, la France n'était donc plus en guerre contre des armées de mercenaires mais contre des nations luttant pour leur liberté, tout comme les Français avaient lutté pour la leur. En dépit de leur courage, ces derniers avaient au contraire perdu leur enthousiasme initial : l'idéal de conquête de l'Empereur n'était plus celui de la nation.

En mai 1813, Napoléon remporta contre les Russes et les Prussiens les batailles de Lützen et de Bautzen, mais son armée était décimée. L'intervention armée de l'Autriche le persuada d'accepter un armistice. Au congrès de Prague, l'Autriche proposa des conditions très favorables à la France : retour de l'Empire à ses frontières naturelles ; dissolution du Grand-Duché de Varsovie et de la Confédération du Rhin ; retour de la Prusse à ses frontières de 1805. Napoléon hésita trop longuement. Le congrès prit fin le 10 août, avant que sa réponse n'arrive, et l'Autriche déclara la guerre à la France.

La situation française se dégradait : les Alliés gagnaient chaque jour de nouvelles troupes, à mesure que les contingents allemands de l'armée française faisaient défection. À la bataille de Leipzig, ou « bataille des Nations » (16-19 octobre 1813), la Grande Armée fut taillée en pièces. En Espagne, les Français avaient été contraints au repli. En Italie, Murat entrait en négociations avec les Autrichiens, qui étaient passés à l'offensive.

  La chute et l'abdication

En janvier 1814, la France était attaquée sur toutes ses frontières. Les Alliés eurent l'intelligence de déclarer qu'ils ne combattaient pas le peuple de France mais seulement Napoléon. En novembre 1813, ce dernier avait rejeté les conditions proposées par le ministre des Affaires étrangères autrichien, le prince Klemens de Metternich, conditions qui auraient préservé les frontières naturelles de la France. Les trésors de stratégie déployés par Napoléon à la tête d'une armée de jeunes conscrits ne furent pas suffisants : il ne put ni battre les Alliés, très supérieurs en nombre, ni sortir les Français d'une torpeur rancunière. L'Assemblée législative et le Sénat, si dociles par le passé, réclamaient à présent la paix ainsi que des libertés civiques et politiques.

Au traité de Chaumont, en mars 1814, l'Autriche, la Russie, la Prusse et la Grande-Bretagne s'engagèrent à ne pas négocier séparément et à continuer la lutte jusqu'à la chute de Napoléon. Quand leurs armées parvinrent devant Paris le 30 mars, ce dernier s'était déplacé à l'est pour attaquer leur arrière-garde. Les autorités parisiennes ne tardèrent pas à traiter avec les Alliés. Devenu président du gouvernement provisoire, Talleyrand proclama la déposition de l'Empereur et, sans même consulter le peuple, entra en pourparlers avec Louis XVIII, le frère de Louis XVI. Napoléon, persuadé que toute résistance était devenue inutile, abdiqua le 6 avril.

Au traité de Fontainebleau, les Alliés accordèrent à Napoléon la souveraineté sur l'île d'Elbe (située entre la Corse et l'Italie), un revenu annuel de deux mille francs (à payer par la France) et une garde de quatre cents hommes. Il conservait également le titre d'empereur.

5.   L'île d'Elbe et les Cent-Jours

La restauration de la monarchie en France fut rapidement en butte aux critiques. La majorité des Français était profondément attachée aux acquis essentiels de la Révolution et Louis XVIII était revenu avec les « bagages des étrangers », avec les derniers émigrés survivants. L'apathie d'avril 1814 se mua en défiance. Les vieilles haines furent ravivées et la résistance s'organisa.

De l'île d'Elbe, Napoléon surveillait attentivement le continent. Il savait que, parmi les diplomates réunis à Vienne pour décider du sort de l'Europe, certains voulaient le bannir dans une île plus éloignée. Il accusa également l'Autriche d'empêcher Marie-Louise de le rejoindre avec son fils (en fait, celle-ci avait pris un amant et n'avait aucun désir d'aller vivre avec son mari). De plus, le gouvernement français refusait de payer sa pension.

Napoléon revint en France avec la rapidité de l'éclair. Le 1er mars 1815, il débarqua à Cannes avec un détachement de sa garde. Comme il traversait les Alpes, les paysans républicains se rallièrent à lui et, près de Grenoble, il gagna à sa cause les soldats envoyés pour l'arrêter. Le 20 mars, il était à Paris.

Si Napoléon revenait au pouvoir, c'était surtout parce qu'il incarnait l'esprit révolutionnaire. Pour rallier les masses françaises à sa cause, il eût dû s'allier aux Jacobins, mais il n'eut pas cette audace. Incapable de s'affranchir de la bourgeoisie, dont il avait lui-même assuré la prédominance et dont la hantise principale était le retour des expériences radicales de 1793-1794, il ne pouvait mettre en place qu'un régime à peine différent de celui de Louis XVIII. L'enthousiasme retomba rapidement et l'aventure napoléonienne apparut comme une impasse. Napoléon rassembla une armée avec laquelle il pénétra en Belgique et battit les Prussiens à Ligny, le 16 juin 1815. Deux jours plus tard, à WaterlooLa Bataille de Waterloo, F. Phillippoteaux, il se trouva face aux Anglais de Wellington. Les Prussiens de Gebhard Blücher vinrent au secours des Britanniques et, en dépit de l'héroïsme de la Vieille Garde, Napoléon fut battu.

La Bataille de Waterloo, F. Phillippoteaux Photographie

La Bataille de Waterloo, F. Phillippoteaux La bataille de Waterloo est l'une des nombreuses illustrations de la suprématie conservée par l'infanterie de ligne sur le champ de bataille jusqu'au milieu du XIXe siècle. Disciplinée et capable de concentrer sa puissance de feu par des salves nourries et cadencées, elle peut repousser l… 

Crédits: AKG Consulter

À Paris, le Parlement força l'Empereur à abdiquer, ce qu'il fit, en faveur de son fils, le 22 juin 1815. Le 3 juillet, il était à Rochefort, avec l'intention de s'embarquer pour les États-Unis, mais, comme une escadre anglaise bloquait le port, il fit appel à la protection des Britanniques. Sa requête ayant été accordée, il embarqua à bord du Bellerophon le 15 juillet. La Grande-Bretagne n'avait cependant d'autre choix que de l'envoyer en détention en un lieu lointain et c'est l'île de Sainte-Hélène, dans le sud de l'Atlantique, qui fut choisie. Napoléon protesta avec éloquence : « Je fais appel à l'Histoire. »

6.   L'exil à Sainte-Hélène

Le 15 octobre 1815, Napoléon débarquait à Sainte-Hélène avec ses compagnons d'exil volontaires : le général Henri-Gratien Bertrand, grand maréchal du palais, et sa femme ; le comte Charles de Montholon, aide de camp, également accompagné de son épouse ; le général Gaspard Gourgaud ; Emmanuel Las Cases, l'ancien chambellan ; ainsi que plusieurs domestiques.

Après avoir emménagé au domaine de Longwood, Napoléon s'habitua à une vie routinière. Il était libre d'aller partout dans l'île, pourvu qu'il fût accompagné d'un officier anglais, mais il refusa bientôt de se plier à cette condition. Il écrivit et parla beaucoup. Dans un premier temps, Las Cases remplit auprès de lui le rôle de secrétaire, compilant le futur Mémorial de Sainte-Hélène (publié en 1823). Une partie de son temps était consacrée à l'apprentissage de l'anglais, et il se mit peu à peu à lire les journaux dans cette langue. Il possédait également un grand nombre d'ouvrages en français qui lui avaient été expédiés d'Europe : il les lut attentivement et les annota.

De quelqu'un qui, pendant vingt ans, avait joué un si grand rôle sur la scène internationale, il était toutefois difficile d'attendre qu'il supporte la monotonie de la vie sur une petite île, doublée d'une réclusion volontaire. En outre, Marie-Louise (qui finit par épouser en secret l'officier autrichien chargé de veiller sur elle, le comte Adam de Neipperg) ne lui adressa aucune lettre et il n'avait aucune nouvelle non plus de son fils, qui vivait maintenant à Vienne avec le titre de duc de Reichstadt. Dès le début, Napoléon détesta son « geôlier », sir Hudson Lowe, en tant qu'ancien chef des Corsican Rangers, bande de volontaires largement constituée d'ennemis de la famille Bonaparte. Soucieux d'appliquer ses instructions avec exactitude, Lowe entra en conflit avec Las Cases, qu'il fit arrêter, puis expulser.

Napoléon donna les premiers signes de maladie (probablement un ulcère ou un cancer de l'estomac) à la fin de l'année 1817. Le médecin irlandais Barry O'Meara, ayant demandé en vain une modification de ses conditions de vie, fut démis de ses fonctions, tout comme son successeur, John Stokoe. Ils furent remplacés par un médecin corse médiocre, Francesco Antommarchi. On a évoqué un empoisonnement, mais cette thèse ne fait pas l'unanimité chez les spécialistes. À partir de mars 1821, Napoléon fut immobilisé dans son lit. En avril, il dicta ses dernières volontés, demandant à ce que ses « cendres reposent sur les rives de la Seine », au milieu de ce « peuple de France » qu'il avait « tant aimé ».

Le 5 mai, il prononça quelques mots : « Mon Dieu... la nation française... mon fils... à la tête de l'armée. » Il mourut à 17 heures 49, le même jour. Sa dépouille fut revêtue de son uniforme préféré, celui des chasseurs de la Garde, recouvert du manteau gris qu'il avait porté à Marengo. Napoléon fut inhumé dans la vallée de la Rupert, où il avait parfois marché, à côté d'un cours d'eau dans lequel se reflétaient deux saules. La stèle qui s'élevait sur sa tombe ne portait que la mention : « Ci-gît ».

7.   La légende napoléonienne

La chute de Napoléon donna cours à un déferlement de publications hostiles. Le pamphlet de Chateaubriand, De Bonaparte, des Bourbons et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes, pour le bonheur de la France et celui de l'Europe (1814), comptait parmi les plus modérés de ces ouvrages. Cependant, cette littérature ne tarda pas à se tarir, tandis qu'un travail de réhabilitation commençait. Dès 1814, Byron avait publié son Ode to Napoleon Buonaparte ; le poète allemand Heinrich Heine écrivit sa ballade, Les Deux Grenadiers, et, en 1817, Stendhal entreprit sa Vie de Napoléon. Au même moment, les plus fervents partisans de l'Empereur faisant circuler des souvenirs de lui, y compris des gravures. Ils idéalisaient sa vie (« Quel roman que ma vie ! », avait-il dit lui-même) et ainsi naquit la légende napoléonienne, qui s'amplifia rapidement après la mort de Napoléon. Des témoignages de ceux qui l'avaient suivi dans son exil y contribuèrent largement. En 1822, à Londres, O'Meara faisait publier son Napoleon in Exile ; or, A Voice from Saint Helena. En 1823, commença la publication des Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène sous sa dictée, de Montholon et Gourgaud. Las Cases, dans son fameux Mémorial, présentait l'Empereur comme un républicain hostile à la guerre et qui ne combattit que pour défendre la liberté. En 1825, ce fut au tour d'Antommarchi, qui publia ses Derniers Moments de Napoléon. Par la suite, le nombre des ouvrages à la gloire de Napoléon ne cessa d'augmenter. Parmi eux, l'Ode à la colonne de Victor Hugo, les 28 volumes des Victoires et conquêtes des Français, édités par Charles-Louis-Fleury Panckoucke et Life of Napoleon Buonaparte, Emperor of French de sir Walter Scott. Ni l'action de la police ni les poursuites judiciaires ne purent empêcher les livres, les images et autres objets évoquant la saga impériale de se multiplier en France.

Après la révolution de juillet 1830, des milliers de drapeaux tricolores apparurent aux fenêtres et le gouvernement ne dut pas seulement tolérer le développement de la légende mais également l'encourager. En 1833, la statue de Napoléon fut érigée au sommet de la colonne de la place VendômeLa colonne Vendôme abattue, à Paris. En 1840, le fils du roi Louis-Philippe Ier, François, prince de Joinville, fut chargé de ramener les cendres de l'Empereur en France. Des funérailles grandioses furent célébrées à Paris en décembre 1840 et les mannes de l'Empereur, après avoir été transportées sous l'Arc de triomphe de la place de l'Étoile, furent placées dans un tombeau sous le dôme des Invalides. Le neveu de Napoléon, Louis-Napoléon, exploita la légende pour s'emparer du pouvoir en France et devenir à son tour empereur (1852).

La colonne Vendôme abattue Photographie

La colonne Vendôme abattue La colonne Vendôme, érigée à la gloire de Napoléon, sur la place Vendôme à Paris, va être abattue sur décision du gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris, en 1871. 

Crédits: Hulton Getty Consulter

La fin désastreuse du second Empire, en 1870, porta un coup à la légende napoléonienne et donna naissance à une nouvelle littérature antinapoléonienne. Le meilleur représentant de cette dernière fut Hippolyte Taine avec ses Origines de la France contemporaine (1876-1894). Cependant, les deux guerres mondiales, ainsi que les régimes dictatoriaux du xxe siècle, rendirent possible un jugement plus juste sur Napoléon. L'une des plus graves accusations faites à son encontre est d'avoir sacrifié des millions d'hommes à son ambition, d'où son surnom d'Ogre corse. Des calculs précis montrent que, de 1800 à 1815, les guerres napoléoniennes coûtèrent environ cinq cent mille vies à la France même – c'est-à-dire environ un soixantième de la population. Cependant, la disparition de ces hommes jeunes eut peu d'effet sur la croissance de la population.

La structure sociale de la France changea peu sous le premier Empire. Elle resta peu ou prou telle que la Révolution l'avait façonnée : les paysans constituaient les trois quarts de la population, dont une moitié environ de propriétaires ou de métayers, et une autre moitié d'ouvriers agricoles. L'industrie, stimulée par la guerre et le blocus contre les marchandises anglaises, fit des progrès remarquables dans le nord et l'est de la France, d'où ses produits pouvaient être exportés en Europe centrale. Elle déclina en revanche dans le sud et dans l'ouest, à cause de la fermeture de la Méditerranée et de l'Atlantique. La noblesse eût sans doute décliné davantage encore si Napoléon ne l'avait pas rétablie, mais elle ne retrouva jamais ses anciens privilèges.

Par-dessus tout, Napoléon laissa derrière lui des institutions durables, les « masses de granite » sur lesquelles la France moderne s'est construite : le système des préfets, le Code Napoléon, le système judiciaire, l'organisation financière, l'Université centralisée et les académies militaires.

Jacques GODECHOT
Universalis

 

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Jacques GODECHOT, Universalis, « NAPOLÉON Ier BONAPARTE (1769-1821) - empereur des Français (1804-1814 et 1815)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/napoleon-ier-bonaparte/

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VENDÉMIAIRE AN IV JOURNÉE DU 13 (1795)
VENDÔME PLACE
WAGRAM BATAILLE DE (5-6 juill. 1809)
WATERLOO BATAILLE DE (1815)

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Voir aussi

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Bibliographie

Sources

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