7. Quelques défis des nanotechnologies
• La fabrication de masse de nanomatériaux
Il faut distinguer les matériaux utilisés pour les T.I.C. des autres nanomatériaux. Dans le premier cas, les quantités de matériaux mis en œuvre sont très faibles (en regard du chiffre d'affaires), ce qui permet de tolérer des coûts de fabrication élevés : pour le matériau le plus présent, le silicium de la puce (qui porte les composants), quelque 10 000 tonnes seulement sont utilisées annuellement et mènent à un chiffre d'affaires de l'ordre de 20 milliards d'euros. Le poids des composants eux-mêmes doit être de l'ordre de la centaine de tonnes. La valeur finale des produits est donc ici dans le façonnage des matériaux bien plus que dans leur coût intrinsèque.
Pour la plupart des autres applications, le prix acceptable des matériaux par unité de poids est beaucoup plus faible (quelques euros par kilogramme). L'approche top down des nanostructurations par façonnage n'est certainement pas viable et seules les techniques de fabrication directe, auto-organisées, peuvent convenir. Il s'agit là d'un véritable défi, pour les chimistes en particulier. Il y répondent par presque autant de méthodes que de cas. La matière peut être obtenue à l'échelle nanométrique par dépôt de couche mince, par broyage, par synthèse en solution ou en phase vapeur de nanoparticules, par croissance auto-organisée, etc. Selon les cas, on obtiendra directement l'objet désiré (couche nanostructurée pour diminuer le mouillage menant à un vitrage anti-buée, laser à puits quantique...) ou il restera à mettre en forme la matière nanostructurée obtenue. Il faudra alors que la nanostructuration persiste dans l'objet final : par exemple, si on agglomère des nanopoudres, celles-ci ne doivent pas fusionner vers de gros grains ; si on élabore des composites, il faut que ceux-ci soient organisés de manière homogène.
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