2. Un secteur en plein développement
La réflexion sur les nanotechnologies ne date pas d'hier. En 1959, Richard Feynman – lors d'une conférence sur les limites de la manipulation et du stockage de l'information – avait suggéré qu'un seul atome pouvait suffire à stocker et manipuler l'information. Cette prédiction ne fut vérifiée que bien plus tard, au début des années 1980, quand furent inventées les microscopies de champ proche (microscope à effet tunnel et microscope à force atomique).
Ces moyens d'observation exceptionnels ainsi que les progrès des autres techniques (microscopes électroniques à balayage ou à transmission, outils à rayons X...) permettent désormais de mieux caractériser la matière à l'échelle atomique afin de mieux maîtriser les nanotechnologies : en mesurant la matière dans ses moindres détails, on peut tester des modèles, les améliorer et faire des prédictions.
Une autre condition indispensable à l'émergence des nanotechnologies est bien évidemment la capacité à élaborer et reproduire des matériaux structurés à cette échelle. Dans les technologies de l'information et des communications (T.I.C.), les matériaux ont été nanostructurés avec un souci de miniaturisation accru des composants, nanostructuration rendue possible par des procédés de fabrication de plus en plus fins (dépôts de couches minces et lithographie menant à des dimensions de l'ordre de dizaines de nanomètres dans les trois dimensions). Les autres types de nanomatériaux résultent de l'extension des procédés classiques (synthèse in situ, en solution ou en phase vapeur, broyage) qui ont permis de fabriquer, de manière contrôlée, des matériaux nanostructurés, voire d'en synthétiser de nouveaux.
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