2. Un parfum de scandale
L'écrivain naturaliste offre ici un roman documentaire sur les « viveurs » et la haute prostitution. Mais Zola y poursuit aussi son enquête sur l'hérédité et la société. L'Assommoir avait dépeint Nana comme une fille des rues, coquette et recherchant les aventures. Dans Nana, l'héroïne a seize ans et un fils, Louiset. Rousse et tout en rondeur, peu douée pour le chant, elle incarne la femme fatale, la corruptrice, le rut auquel se soumet la haute société et qui en révèle la pourriture et la décomposition sociale.
La critique accueillit ce roman déjà précédé d'un parfum de scandale avec la même haine que L'Assommoir. « Pour Nana, écrivit Zola, les réquisitoires dépassent tout ce qu'on peut imaginer. [...] J'ai cherché à mettre de l'humanité sous mes phrases, j'ai eu l'ambition, sans doute trop grande, de vouloir planter debout une fille, la première venue, comme il y en a plusieurs milliers à Paris, et cela pour protester contre les Marion Delorme, les Dame aux camélias, les Marco, les Musettes, toute cette sentimentalité, tout cet enguirlandage du vice que je trouve dangereux pour les mœurs et d'une influence désastreuse sur l'imagination de nos filles pauvres. » Comme à son habitude, Flaubert avait perçu avec lucidité la force de ce roman : « Nana, écrivit-il, tourne au mythe sans cesser d'être une femme. »
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