3. Vers la république de Namibie
• Évolution vers l'indépendance
Dès la création de l'O.N.U. est posé le problème du Sud-Ouest africain. C'est au départ un problème strictement juridique que l'on peut ramener à la question suivante : l'Afrique du Sud, qui détenait le mandat sur ce territoire en vertu du Pacte de la Société des Nations (1920-1940), a-t-elle ou non l'obligation juridique de transformer ce mandat en un système de territoire sous tutelle désormais prévu par la Charte des Nations unies adoptée en 1945 ? En refusant cette transformation, l'Afrique du Sud se libère de tout contrôle international. Elle est précisément à cette date le seul État titulaire d'un mandat de l'ex-S.D.N. à refuser cette transformation juridique. Sollicitée pour avis, la Cour internationale de justice donne raison (avis de 1950) à l'Afrique du Sud, mais en spécifiant l'obligation pour elle d'accepter un contrôle international (avis de 1955 et 1956). Ce sera un dialogue de sourds : au refus persistant de l'Afrique du Sud d'accepter, sauf en deux occasions, des missions d'enquête et d'adresser des rapports à l'O.N.U., celle-ci répond en multipliant les résolutions et les comités spécialisés. Au point que la plupart des organes de l'O.N.U., et surtout le Comité de décolonisation, ont eu l'occasion de condamner – mais sans succès – l'Afrique du Sud sur les questions de l'apartheid et du Sud-Ouest africain. Dès 1961, une résolution de l'Assemblée générale de l'O.N.U. proclamait le droit à l'indépendance de ce territoire.
L'affaire devient plus sérieuse lorsqu'en 1960 la Cour internationale est saisie pour juger, par un arrêt, la légalité du maintien du mandat et l'ensemble de la politique d'apartheid au regard du droit international. Après s'être déclarée compétente (arrêt de 1962) malgré les exceptions soulevées par l'Afrique du Sud, la Cour de La Haye rejette au fond, par son arrêt du 18 juillet 1966, la requête introduite par l'Éthiopie et le Liberia (8 voix contre 7). Dans cette affaire hautement p […]
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