Au début de l'année 2010, neuf partis d'opposition contestent devant la Haute Cour de Namibie le processus électoral de novembre 2009 ; le parti au pouvoir, l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (S.W.A.P.O.), avait remporté à cette occasion une victoire décisive. Quand cette instance rejette le cas pour vice de forme, l'opposition se tourne vers la Cour suprême. Cette dernière infirme ce jugement en septembre et renvoie l'affaire devant la Haute Cour. Rares sont ceux qui s'attendent cependant à une annulation des résultats électoraux. Le 21 mars 2010, date du vingtième anniversaire de l'indépendance de la Namibie, le président Hifikepunye Pohamba procède à un remaniement gouvernemental : nommé aux Affaires étrangères, Utoni Nujoma, fils aîné du premier président namibien Sam Nujoma, devient ainsi le candidat idéal pour succéder au chef de l'État en 2014.
Bien que figurant parmi les pays possédant un revenu par habitant élevé, la Namibie demeure l'une des sociétés les plus inégalitaires au monde. L'espérance de vie des femmes est plus basse en 2010 qu'à l'époque de l'indépendance, en grande partie à cause de la prévalence du VIH. Tandis que la commission de lutte contre la corruption ne parvient pas à gérer les multiples scandales financiers, plus d'une centaine de personnes sont incarcérées, suspectées d'être impliquées dans une tentative de sécession menée par des habitants de la région de Caprivi en 1999. En août 2010, la Namibie accède à la présidence de la Communauté de développement de l'Afrique australe, dont le sommet, organisé à Windhoek, n'apporte pas de réponse décisive à la crise que connaît le Zimbabwe. L'activité économique namibienne a reculé en 2008-2009 en raison de la crise mondiale et les sommes perçues dans le cadre de l'Union douanière d'Afrique australe ont baissé de façon significative. Toutefois, la hausse de la production de diamants et d'uranium, constatée en 2010, laisse augurer une nouvelle ère de croissance économique pour le pays. L'augmentation des prix des denrées alimentaires menace néanmoins de provoquer des cas de malnutrition dans certaines zones rurales, au point que le gouvernement décide de distribuer de l'aide alimentaire aux plus défavorisés.
Christopher SAUNDERS
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