1. Physiologie du nouveau-né
À la naissance l'organisme doit brutalement s'adapter à la vie extra-utérine. La mise en route de la respiration est la plus urgente. Les alvéoles pulmonaires jusque-là collabées vont se déplisser lors de la première inspiration. Le premier cri accompagnant la première expiration témoigne de la réussite de cette opération.
L'adaptation circulatoire est déclenchée par la chute des pressions pulmonaires consécutive à l'aération fœtale. Elle entraîne la fermeture du canal artériel et du trou de Botal qui s'ouvrait entre cœur droit et cœur gauche (cf. figure).
L'adaptation hématologique met fin à l'hyperglobulie fœtale. La destruction de 500 000 à 1 million d'hématies par millimètre cube de sang va habituellement entraîner un ictère modéré (dit physiologique) parce que l'immaturité de la fonction de glycuro-conjugaison du foie le rend incapable d'éliminer rapidement la bilirubine libérée par cette hémolyse.
Épuration et nutrition qui se faisaient jusque-là au travers du placenta vont désormais dépendre des reins et du tube digestif. Pendant quelques semaines la paroi intestinale laissera filtrer certaines protéines qui pourront sensibiliser l'organisme, d'où l'importance de l'allaitement maternel, complété au besoin par des aliments équilibrés à base d'acides aminés ne contenant pas de grosses molécules protéiques.
Parmi les infirmités physiologiques du nouveau-né il faut en mentionner trois principales : thermorégulation imparfaite, glycémie instable, infection toujours menaçante.
– Les difficultés de la thermorégulation sont dues à la fois à l'importance relative de la surface cutanée et à la pauvreté de la thermogenèse.
– La facile survenue d'une hypoglycémie a lieu sous l'influence du refroidissement mais aussi du fait du jeûne traditionnel du premier jour, qui ne devrait plus être pratiqué. Ce risque est particulièrement grave chez les dysmatures.
– Les risques d'une infection de cet organisme découlent de ce qu'il a presque toujours vécu dans un milieu stérile jusqu'à la rupture des membranes.
Au contact de la filière génitale puis du monde extérieur sa peau et son tube digestif sont colonisés par des germes, saprophytes pour la plupart mais pathogènes parfois. C'est dire la gravité des contaminations et l'absolue nécessité d'une rigoureuse asepsie pendant l'accouchement et éventuellement la réanimation, ou tout autre manipulation ou transport.
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