La mort ne s'oppose pas à la vie, mais à la naissance. La mort comme la naissance font partie de la vie. C'est à chaque instant qu'un organisme meurt et naît, par l'équilibre homéostasique entre les processus vitaux de désorganisation et de réorganisation. La vie apparaît ainsi comme une renaissance perpétuelle à partir de soi-même. Naissance et mort ne sont que deux aspects, ou deux moments, d'un phénomène vital qui les englobe : l'individuation. Une forme individuelle apparaît puis elle disparaît. C'est de la méditation sur cette émergence et de cette annihilation que procèdent non seulement tout le symbolisme lié à la naissance et à la mort, mais celui qui comprend l'individuation comme l'accomplissement d'un chemin de renaissance.
Le symbolisme des cycles de naissance, de mort et de renaissance se différencie à travers les expériences religieuses les plus diverses : le chamanisme, où le néophyte, par un voyage initiatique vécu en transe cataleptique, est supplicié, tué, démembré, puis recomposé, régénéré, pour recevoir l'enseignement des esprits, et enfin renaître chaman parmi les humains ; la mythologie, où demi-dieux et héros meurent et renaissent divinisés (Orphée, […]
