De son vrai nom Nagai Sōkichi, Nagai Kafū s'opposa tôt à un père qui, ouvert au pragmatisme importé d'Occident, restait attaché aux contraintes de la morale confucéenne, selon laquelle en particulier l'art ne saurait être plus qu'objet de divertissement. À la voie des succès scolaires et de la réussite sociale, Kafū préféra les chemins de la ville basse où s'était épanouie la civilisation raffinée d'Edo. Initié aux arts traditionnels (danse, flûte, etc.), il fréquente la littérature dite de « divertissement » de l'époque d'Edo, entre dans les lettres en devenant disciple d'un romancier, d'un conteur d'histoires, d'un auteur de kabuki. Ses œuvres de cette période pèchent par un romantisme un peu larmoyant, mais la souplesse musicale des phrases descriptives annonce déjà le poète en prose de la période future.
Les années 1902 et 1903 marquent la découverte de Zola et du naturalisme français, dont l'influence sera très grande sur les écrivains japonais modernes (ce fut davantage un instrument de libération individuelle et de justification de la fonction d'écrivain qu'une technique d'appréhension du monde). Kafū, dont les interprétations paraissent plus exactes, se po […]
