1. Le monde mésopotamien
Le modèle, magnifié et idéalisé, du pouvoir royal est fondamental dans la représentation mésopotamienne du surnaturel. Il impliquait la mise en place d'un monde divin anthropomorphe et polythéiste : c'est-à-dire distribué en une société de personnages en tout (apparence, sexualité, besoins, comportement) comparables aux hommes, mais différents par une puissance et une intelligence surhumaines – ainsi que par une vie exemptée des misères physiques et de la mort – et dont tous les représentants étaient essentiellement, tels les souverains d'ici-bas et leur état-major, ordonnés à exercer l'autorité et porteurs de pouvoirs.
Cette définition du divin, nous l'induisons, seulement, des documents religieux sans nombre. L'incapacité où nous sommes d'analyser en radicaux intelligibles le nom du « dieu », en sumérien (dingir) ou en akkadien (ilu), nous en dérobe le sens originel. Seul l'idéogramme qui le représente dans l'écriture cunéiforme – le signe de « l'étoile », utilisé surtout pour désigner tout ce qui était « en haut » – nous suggère, du moins, une telle « supériorité » essentielle.
• Le panthéon, la hiérarchie des dieux et les « démons »
Les Sumériens paraissent avoir donné plus volontiers pour objet à cette autorité divine les phénomènes de la nature et de la culture, comme si chacun d'eux, pour rendre raison de son existence et de son fonctionnement, avait requis la présence d'un agent surnaturel. Ils avaient ainsi une divinité pour présider à la partie supérieure de la sphère de l'univers, le ciel (An) ; une autre pour la partie inférieure, l'« enfer » (Ki) ; une autre pour l'entre-deux (Enlil : « Seigneur-Air ») ; pour le soleil (Utu), la lune (Nanna), la pluie et les météores (Iškur), et ainsi de suite ; une pour la pousse des céréales (Ašnan), le croît du menu bétail (Lahar), la préparation de la bière (Siris), etc. – ce qui composait déjà une troupe assez considérable. Les « Akkadiens » l'ont en grande partie adoptée, parfois en en syncrétisant certains membres à ceux de leur propre pers […]
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